Vous, mes lectrices fidèles depuis plusieurs années...

Vous savez comme j'en ai chié avec Potam... Les cris, ces cris infernaux, toute la journée, de 0 à 14 mois (âge où il s'est déplacé seul pour la première fois. Oui vous lisez bien, non il n'y a pas d'erreur). Les siestes quasi-inexistantes malgré une fatigue bien visible. Les difficultés d'endormissement, à la sieste ou le soir. Les crises du terrible two, incroyables par leur violence, leur durée, leur répétition.

Les hurlements au coucher, pendant siiiiii longtemps.

Et puis, un jour, tout s'arrête.

Un jour, vous avez un petit garçon qui a grandi, qui se couche sagement, qui ne hurle plus, qui obéit à peu près, qui fait toujours la sieste, qui fait des câlins, qui s'occupe de son frère, qui se lave les dents et les mains tout seul, qui fait caca tout seul sans rien dire dans les toilettes (il y a peu c'était encore dans le pot... beurk...) et s'essuie seul, qui a une joie de vivre que rien ni personne ne peut tarir, qui courre, qui grimpe, qui respecte les règles parce qu'il les comprend ("mamaaan ! la main ! y a des voitures je vais me faire écraser !")...

Ce jour-là, vous ne savez pas exactement quand il est arrivé. Il y a un, deux ou trois mois peut-être. En fait vous ne savez pas, parce que vous ne l'avez pas remarqué tout de suite, c'est tellement progressif... Mais ça fait quelque temps que vous remarquez que vous n'êtes plus sur la défensive en sa présence. Que vous n'appréhendez pas son réveil ou son retour de l'école. Que vous retrouvez du plaisir à vous occuper de lui. Que vous pouvez de plus en plus lui faire confiance, lui laisser de l'autonomie.

Vous vous diriez bien, que la vie commence à être bien sympa avec ce petit-garçon là.

Et puis, quelque part en vous, ce sentiment "s'il n'y avait que lui, ce serait devenu facile. Reposant".

Mais voilà. Il faut repartir. Tout revivre, tout recommencer. Bébé Koala est différent de Potam certes, un autre petit garçon avec son caractère propre, mais il lui ressemble. Exactement la même soif de tout vivre intensément. L'ennui dès qu'on le pose avec les mêmes jouets que la veille et l'avant-veille.

Innover, toujours.

Supporter ces cris qui recommencent, un autre enfant, les mêmes difficultés. Garder son calme et se dire qu'il n'y a pas de raison qu'il fasse EXACTEMENT pareil.

Bébé Koala  entre dans la phase du "j'aimerais tellement me déplacer mais je ne sais pas encore faire". Du coup, il est frustré, et il hurle. Tout le temps. Dès qu'on le pose, il se démène. Assis, il essaie de se mettre à quatre pattes. Sur le ventre, il essaie de ramper. Mais la vérité, c'est que pour l'instant il lutte. Et ça l'énerve. Et il voit son frère courir partout et lui, statique. Il ne supporte pas. Il hurle.

Bébé Koala dans les bras, hurle aussi. Il se tord et se penche pour attraper tout et n'importe quoi, ça ne va jamais assez vite, il n'en a jamais assez.

Et mon cerveau, prêt à exploser à force d'essayer de supporter les cris. On essaie de faire ce qu'on n'a pas assez fait avec Potam : le laisser hurler, un peu. Parce qu'on sait bien qu'il n'a pas de souci, que même dans nos bras il est frustré, et que peut-être, un de ces jours, il se lassera. Il utilisera cette énergie démentielle au service de la mobilité de son corps et non plus des hurlements. Mais en attendant, c'est juste insupportable.

J'ai bon espoir, lui qui est plus dynamique, plus costaud, et pas avare d'efforts, que cette phase dure moins longtemps que pour son frère qui avait beau hurler sa frustration, n'essayait même pas de commencer à penser à faire un effort avec son corps. Bébé Koala se démène, par contre. Il s'étire, pousse, se tend, plante les pieds, tire sur les mains, puis relâche, épuisé. Mais ça viendra. Bientôt peut-être.

Et alors, les hurlements s'arrêteront, mais la découverte de l'environnement ne fera que commencer, avec à la clé doigts dans les prises, ouverture des placards, déchirure des papiers et mouchoirs, escalades en tout genre, je le vois venir ce petit passionné... On va en chier...

 

Dans mon cerveau en ce moment, deux choses : d'abord "heureusement que Potam est plus cool, j'aurais jamais tenu avec les deux qui crisent" mais aussi "c'est pas possible, on est programmés pour en chier".

Et à la crèche, la directrice qui n'a de cesse de me répéter "aaaah bon ? mais moi j'ai pas connu ça moi, mes deux filles elles étaient sages, faciles, c'était toujours calme à la maison". J'ai toujours un double sentiment en entendant ce genre de discours : envie de frapper, et envie de pleurer. En pratique, je souris poliment, lui dis "vous avez bien de la chance", et repars avec mon sentiment de solitude, toujours le même.

Alors oui, je sais. C'est vrai, il vaut mieux des enfants vifs, dégourdis, passionnés par la vie, que des enfants faciles mais au regard vide. Sauf qu'évidemment, ce sont les extrêmes. Et que je les vois bien moi, ces enfants intelligents et vifs qui parlent bien, mais qui sont sages aussi, enfin autant qu'on peut être sage quand on a moins de trois ans... Je le sais bien, qu'il y a des enfants super éveillés qui ne sont pas pour autant toujours en crise.

Alors POURQUOI MOI J'EN CHIE AUTANT BORDEL ???

Bon allez, je vous entends d'ici et vous avez raison : vois le côté positif : ils sont pleins de vie, en bonne santé (enfin presque, bébé Koala a toujours des petits soucis de bronchite chronique), dorment la nuit, que demander de plus ?

En tout cas, et pour revenir sur des choses positives, je kiffe mon Potam grand garçon raisonnable. Il est à croquer, d'ailleurs je le croque à longueur de journée...

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