Depuis toujours, j'écris.

A l'école, je n'écoutais rien, je ne faisais pas mes devoirs, par contre j'aimais passionnément les travaux d'écriture, les rédactions même si les sujets imposés à deux balles ne m'inspiraient pas (racontez vos vacances à la mer). Le fait de tracer des mots avec un stylo sur une feuille m'a toujours passionnée, j'ai écrit parfois n'importe quoi dans mes cahiers pour le simple plaisir d'entendre la plume glisser sur le papier et former des mots, puis des idées.

Et puis un jour, j'ai eu le syndrôme de la crampe de l'écrivain. Totalement incomprise de mon entourage, j'étais à la fac et je n'arrivais plus à écrire. Un blocage physique, une crispation involontaire et incontrôlable, je n'arrivais plus à former les mots, ni même à tenir un stylo. La cata. Je prenais mes notes comme je pouvais et n'ai plus depuis éprouvé aucun plaisir à écrire.

Ca me manque cruellement mais c'est un mal irréversible, neurologique.

Depuis je me suis énormément entraînée, je ne pouvais pas renoncer, inconcevable qu'était pour moi l'idée de ne plus éprouver ce plaisir de l'écriture.

Aujourd'hui j'arrive à écrire, je me crispe un peu et je ne peux pas écrire longtemps mais mon écriture est à peu près normale. Les efforts ont payé, mais je ne ressens plus de plaisir.

Pourtant j'aime toujours écrire, maintenant j'ai troqué le stylo pour le clavier, je tape vite et j'aime ça, aussi. J'aime le bruit du clavier, j'aime voir les lignes se noircir de mots, et j'aime aussi la rapidité que permet le clavier, bien plus que le stylo.

Tout ça pour dire que l'écriture me manque. L'écriture, c'est toute ma vie. J'ai toujours tenu mes journaux intimes jusqu'à la création de ce blog qui a pris le relais, j'ai commencé des romans dès l'adolescence, j'ai un carton rempli de cahiers noircis de mots, des ébauches de plan de roman, des débuts de roman. J'ai même recopié un jour cinq ans de journaux intimes sur ordinateur, que j'ai gardés sur un fichier informatique. A l'époque je me voyais bien publier mon journal intime. Quand je le relis maintenant je me trouve un peu prétentieuse d'avoir cru que ma vie de jeune fille intéresserait quiconque... mais un jour je m'y replongerai peut-être, qui sait, en romançant un peu...

Aujourd'hui j'ai un projet fou dans ma tête : celui d'arrêter mon métier pour écrire. Mais c'est pas si facile. D'abord, on ne vit pas de l'écriture à moins d'être vraiment connu. Alors j'ai pensé à une activité que je pourrais faire en parallèle et qui a un rapport avec l'écriture. Mais il faut que je teste voir si je peux en vivre (on a quand même un crédit immobilier conséquent et deux enfants en bas âge, s'agirait pas de prendre un risque financier inconsidéré...), et pour tester il faut se lancer, mais pour se lancer il faut être auto-entrepreneur, statut incompatible avec mon statut de fonctionnaire...

Alors il y a quelques possibilités qui existent, il faut que je me renseigne, qui me permettraient de tester mon activité pendant un an... mais un an c'est pas beaucoup je ne sais pas si ça suffira pour commencer à gagner de l'argent... et pendant ce temps je ne serai pas rémunérée...

Je cogite, j'imagine, je fais des plans dans ma tête. L'idéal serait d'arriver à publier quelque chose qui me permette d'avoir un petit revenu pour pouvoir lancer mon activité parallèle... mais pour ça il faut du temps... et de l'énergie... et avec mon Bronchioliteux chronique qui en plus ne dort pas lors des poussées dentaires, c'est chaud si vous voyez ce que je veux dire..........

Energie : zéro.
Retard de sommeil : incommensurable

Temps disponible : aucun (si j'avais une heure à tuer je la passerais à dormir de toutes façons...).

Donc pour l'instant, écrire m'est impossible, j'arrive parfois à prendre quelques minutes pour écrire en vitesse un petit post ici mais impossible de faire un travail suivi qui nécessite plusieurs heures de concentration...

Je ne m'avoue pas vaincue, je pense que dans quelques mois (semaines ? soyons optimistes...) bébé Koala recommencera à faire des nuits normales et que j'aurai à nouveau un peu d'énergie à consacrer à autre chose qu'au boulot et aux réveils nocturnes.

Tout cela n'est qu'une question de mois, pas de panique, mais j'ai tellement envie d'essayer... tellement envie que ça marche... Vivre de l'écriture serait un aboutissement incroyable, un retour sur ma vraie personne, mes vraies envies, la passion de toute une vie. Impossible de ne pas le faire. Au pire, j'écrirai parallèlement à mon boulot actuel mais j'aimerais vraiment arriver à boucler un projet en entier...

Allez fini de rêver, retour brutal à la réalité administrative...

Bon après-midi les gens.