On m'avait dit "tu verras, deux enfants, c'est deux êtres différents, ta façon de faire ne sera pas la même, tu devras réapprendre à être maman avec un nouveau petit être".

Je m'étais préparée à ça.

Et secrètement, j'espérais que bébé Koala ne serait pas comme Potam. Je rêvais du bébé calme qu'on peut laisser dans un transat ou sur un tapis, un bébé qui participe mais qui sait trouver seul le sommeil, un bébé qu'on pose dans son lit après un câlin et qui s'endort tranquillement.

Potam ne dormait que très peu la journée et hurlait, pleurait, s'énervait de fatigue et d'irritabilité.

Bébé Koala est pareil.

Pareil.

Et cette phrase maintes fois entendue "faire le deuil du bébé idéal", tellement vraie dans mon cas.

J'en veux à bébé Koala d'être aussi chiant que son frère.

Je m'en veux d'avoir cru que je pourrais vivre un jour une maternité calme et sereine avec un bébé cool.

J'en veux à la Terre entière dès que je vois un bébé calme.

J'ai fait des tornades. Des bébés excités, toniques et éveillés certes, mais qui ne savent pas s'apaiser. Qui ne savent pas s'endormir, même dans les bras, même dans le cosy qu'on berce, même parfois en poussette.

J'en passe des heures avec un bébé hurlant dans les bras. Un bébé qui a besoin de dormir, qui est à deux doigts de sombrer mais qui a toujours un sursaut juste avant et se remet à hurler. Parfois il s'endort dans mes bras et hurle à nouveau dès que je le pose.

Je sais grâce à mon expérience avec Potam, qu'à ces bébés-là il faut le calme et l'obscurité pour pouvoir trouver le sommeil. Aucun stimuli d'aucune sorte, pas de mobile, pas de veilleuse, pas de lumière, pas de bruit. Autant dire compliqué avec une vie quotidienne rythmée par les allers-retours à l'école et les crises du grand frère.

J'en peux plus d'avoir des bébés qui hurlent dans mes bras.

Pourtant c'est vrai, on me l'avait dit et je le ressens, je suis plus cool avec ce deuz qu'avec Potam. J'ai plus de recul. Au début, les trois premières semaines, quand il dormait tout le temps, j'ai pensé que ce serait facile. Je ne me posais pas de questions. Je n'angoissais pas. J'avais une sérénité incroyable et très agréable avec ce bébé. Et puis tout a basculé avec les coliques, puis quand il a commencé à s'éveiller et à ne plus vouloir dormir.

Parallèllement, il fait ses nuits. Au fur et à mesure qu'il s'éveille il dort de mieux en mieux la nuit, il ne fait plus de bruit, il a un sommeil profond et calme et ne se réveille qu'exceptionnellement la nuit quand il a froid (c'est un frileux mon Koala) ou quand il a des soucis digestifs. Sinon, il dort de 20h à 7h.

Mais la journée, dès qu'il fatigue, il crie. Et rien n'y fait. Ni de le laisser crier dans son lit, ni de le bercer dans les bras, ni le cosy, ni le transat. Parfois il arrive à s'apaiser avec doudou et tétine dans le transat à côté de nous et comate en dormant à moitié, ça le repose un peu. Mais la plupart du temps, il refuse malheureusement la tétine et ne trouve pas l'apaisement.

Je n'en peux plus. Je sature. J'ai peur de revivre tout ce qui a été galère avec Potam. J'en ai peur et en même temps je sais qu'on va galérer. Peut-être pas de la même manière, peut-être pas au même âge, peut-être un peu moins fort ou un peu plus fort, peut-être différemment puisqu'il aura un grand frère, je ne sais pas, mais on va en chier.

Je suis programmée pour en chier.

Ca me déprime. Vraiment.

Du coup j'ai une certaine ambivalence face à bébé Koala, que j'adore évidemment mais à qui je ne peux pas m'empêcher d'en vouloir. C'est stupide je sais, il n'a que 4 mois et pourtant, certains jours où je craque je me surprends à l'engueuler "bon maintenant ça suffit, tu veux pas dormir ok, mais tu arrêtes d'hurler !" n'importe quoi...

J'ai vu une autre psy hier. Une psy spécialisée dans les relations maman/bébé. Je pensais qu'elle m'aiderait à mettre au clair ces sentiments ambivalents mais non. Elle est restée tellement superficielle, m'a dit des banalités "peut-être que c'est un bébé qui n'aime pas s'endormir dans les bras !" (oui mais madame, d'accord, mais il n'aime pas non plus s'endormir dans son lit, ni dans son cosy, ni dans son transat...) et puis à faire des parallèles à deux balles d'une évidence affligeante de psy comme je déteste : "au moment de l'arrêt de l'allaitement vous avez culpabilisé, alors peut-être que maintenant vous avez du mal à le mettre dans son lit pour qu'il dorme parce que c'est encore une séparation". Mais MADAME VOUS POUVEZ PAS SAVOIR A QUEL POINT CA ME GONFLE D'ENDORMIR UN BEBE DANS LES BRAS 4 FOIS PAR JOUR AVEC DES HURLEMENTS !!!!

Ok, l'arrêt de l'allaitement n'a pas été facile pour moi, j'ai culpabilisé c'est vrai, je voulais continuer tout en voulant arrêter, j'étais pas très au clair, m'enfin de là à dire que je culpabilise de poser bébé dans son lit, c'est un raccourci débile et trop facile. D'ailleurs certains soirs il s'endort seul dans son lit (jamais la journée mais la nuit oui... sais pas pourquoi... pourtant j'ai essayé de reproduire exactement les mêmes rituels et circonstances...) et ces soirs-là ça me fait un bien fou ! mon moral remonte immédiatement ! Alors TA GUEULE la psy !

Bref. Je me défoule ça fait du bien.

Autre chose. Elle m'a dit que si mes enfants crisaient autant c'est que je le voulais bien.

Alors ça aussi, parlons-en. Je veux bien admettre que le comportement maternel influe sur le comportement des enfants. Evidemment. Maintenant, franchement, est-ce que vraiment c'est si facile de se dire "maintenant je refuse les crises là les enfants, c'est fini je ne les tolère plus ?" j'ai dit ça 100 fois à Potam. En était persuadée, vraiment, que ça allait marcher. Sur le moment il acquiesce genre "oui maman, je sais que c'est pas bien, je le ferai plus". Mais ça ne sert à rien. Alors sur un 4 mois ??? J'ai pas vraiment l'impression d'accepter ces crises. Au contraire, que ce soit le troizan ou le 4 mois, leurs crises m'insupportent et je ne cède pas. Même bébé Koala crise parfois seul dans son cosy parce que je dois m'occuper de Potam qui doit partir à l'école. Vous croyez qu'avec le temps il se serait adapté, genre "ok à ce moment là maman n'a pas la disponibilité pour moi, je me débrouille seul ?" Non. Chaque jour il crise le matin en partie tout seul, en partie un peu dans mes bras, et chaque jour, ça recommence. Depuis 4 mois. Tous les jours.

Alors ne me dites pas que si mes enfants sont chiants, c'est parce que je le veux bien. Je ne sais pas si c'est vrai ou pas ça me semble n'importe quoi mais bon, dans tous les cas, CA M'ENERVE.

Tout le monde dit, que si on a des enfants calmes c'est parce qu'on est détendue et calme. Ok. Alors là je suis toute prête à le croire. Mais n'y a-t-il par un sacré cercle vicieux ??? Qui de la poule ou de l'oeuf.... etc...???? parce que si au début t'es super calme et détendue, et que tu as un bébé calme, tout va bien. Et puis un jour y a un truc qui arrive, genre coliques ou RGO ou que sais-je, et ton enfant se met à pleurer toute la journée. Comment peut-on rester calme et détendue avec un bébé qui ne fait que hurler ??? Je cherche encore la réponse. Alors après, d'accord. Ton bébé pleure, t'es à cran, il ne peut plus se calmer et toi non plus, c'est la cata.

Concrètement, on s'en sort comment ????

Ok, en ce moment je suis fatiguée et déprimée par tous ces cris de toutes part, et je suis fragile. C'est vrai. Il faut que j'aille mieux pour que tout le monde aille mieux. C'est vrai. Mais le savoir ne me donne pas la solution. Et cette sensation vertigineuse que toute la santé mentale de la famille se joue autour de MA fragilité, c'est flippant. C'est déprimant. C'est trop de responsabilités sur mes épaules à moi, là tout de suite. Pas le droit de craquer, pas le droit de flancher, il faut tenir bon mais pas que physiquement, moralement aussi. Et je n'ai pas beaucoup de prise sur mon état mental. Comment garder le moral coûte que coûte avec deux enfants en crise ???

Comment inverser la tendance ???

La première psy, celle que j'ai vu pour Potam et qui a été un peu plus fine que l'autre, m'a un peu rassurée en me disant qu'il n'y avait pas de solution miracle, que n'importe qui craquerait dans ces circonstances et que je n'étais pas responsable, qu'il fallait un peu de patience et que petit à petit tout rentrerait dans l'ordre.

Et je la crois. Je ne suis pas inquiète. Je sais qu'on traverse une période difficile et que ça ne durera qu'un temps.

Mais dans l'instant, là, jour après jour, heure après heure, ça ne règle pas mon problème : ce bébé qui ne dort pas la journée et ce grand frère qui crise, et mon moral qui flanche, et COMMENT GERER CA BORDEL ???

Je prends les petites choses positives qui m'arrivent comme des pépites de la vie qui m'aident à tenir le choc. Je bois un café avec ma voisine et ça me rebooste. Je me rends utile en emmenant ses filles à l'école et ça me fait plaisir. Je vois ma copine maman de la super copine de Potam et on s'entend bien, et je sens que ça va devenir une bonne copine et ça me fait plaisir. On passe des moments simples ensemble, on boit un thé pendant que les grands jouent ensemble et ça fait du bien d'être deux pour gérer 4 enfants. C'est pas la même chose que d'être seule pour en gérer deux. Ca change tout, quitte à avoir un bébé qui pleure dans les bras....

Mais bon sang, celles qui ont des bébés cool, PROFITEZ !!! vous savez pas la chance que vous avez..... comme je suis jalouse !