Je ne me souvenais pas comment c'était, un bébé de trois mois.

Je ne savais pas comment c'était, un enfant de trois ans.

Tous les jours j'apprends, tous les jours je suis surprise de les découvrir. De faire connaissance. On n'a jamais fini de faire la connaissance de ses enfants, tellement ils changent et évoluent vite.

Potam me rend dingue d'amour en ce moment (oui c'est un peu paradoxal avec mon post précédent. J'assume mes revirements de moral, et puis on peut rêver parfois d'être célib sans enfant ça fait de mal à personne). Donc, Potam me rend dingue d'amour. Il devient sage, gentil, est encore parfois un peu relou mais bon il a trois ans, il est de plus en plus proche de moi, de plus en plus câlin, il a bien compris le concept "chacun son tour" et respecte le temps que je donne au bébé. Il vient quémander de l'attention lorsqu'il voit que bébé dort ou est calme.

Il pose mille questions existentielles, ça va de "est-ce que le père Noël il a une bouche ?", "et si on n'avait pas de pieds maman, on pourrait pas marcher hein ?" à "comment le bonhomme sur la lune il va revenir dans sa fusée ?" ou "mais maman... Si on fait du feu dans la cheminée, le père Noël il va se brûler !" "pourquoi on dort ?" "pourquoi on va à l'école ?" "est-ce qu'il y aura des fusées à l'école ?".

J'aime qu'il se pose ces questions, j'aime lui répondre, j'aime quand il m'écoute et acquiesce d'un air satisfait.

Quant à bébé Koala, il est en pleine découverte du monde et il kiffe. Il regarde partout, il n'est nulle part aussi bien que contre moi, face au monde, au creux de mon bras gauche tandis que je vaque à mes occupations. Il adore regarder son frère et lui réserve ses plus beaux sourires. Il découvre ses mains qu'il porte sans cesse à sa bouche, il fait des vocalises, passe des heures à s'écouter, attrape ses mains et s'entraîne à attraper ses jouets sur le tapis d'éveil ou l'arche d'éveil du transat. Il est moins souriant que Potam qui avait un sourire scotché en permanence. Il fait des sourires-réponse à nos sourires, mais est souvent grave et concentré, comme s'il ne voulait rien rater.

Je le découvre aussi tous les jours. J'apprends tous les jours. Je n'en finis pas d'apprendre à être maman. C'est à la fois passionnant et vertigineux.

Aujourd'hui je vois les gros nuages noirs s'éloigner. Il sont encore là parfois mais au loin, je vois poindre le soleil. Il fait quelques apparitions de temps en temps et ça me regonfle le coeur pour m'aider à supporter les mauvais moments.

J'ai parfois encore cette angoisse qui m'étreint, cette oppression quand je pense aux moments où il faut assurer, aux journées qui s'enchaînent, à l'absence de journée "off", aux semaines seule avec les enfants. Et puis je pense au premier janvier, à la mutation du Tigre, au fait que très bientôt nous serons deux pour gérer deux enfants et ça me donne le sourire. C'est tellement plus simple d'être deux... de pouvoir dire "tu gères une heure, je fais ma zumba" bientôt je le ferai pour de la couture ou du piano... j'ai acheté un piano ce matin... ça méritera un post entier, pour l'instant je suis dans un rêve, un rêve qui se réalise et moi je ne réalise pas... je ne l'aurai que la semaine prochaine, je n'aurai sûrement pas beaucoup le temps d'en faire mais il sera là, à ma disposition. Un bon piano au toucher que j'aime, avec une belle sonorité allemande.

Je vais reprendre des loisirs, des passions, un de ces jours... Patience...