Y a du mieux, y a du moins bien.

Certains jours je vois l'avenir en rose, d'autres jours je me dis que ma vie est inintéressante, qu'à part gérer deux nains je ne fais plus rien et que ça ne vaut pas le coup de continuer. Mais comme je ne veux pas laisser mes enfants sans maman, je suis obligée de continuer. Pas le choix. Se lever le matin avec l'impression de ne pas avoir dormi, se lever la nuit, supporter les cris, câliner et gronder, torcher des culs et nettoyer des pots, laver des bib, faire des lessives et ne pas faire de repassage.

Les jours se suivent et je ne fais rien. Rien d'autre que mes enfants. Ils me collent à la peau, me pompent mon énergie, je ne récupère jamais, je n'ai jamais une journée de repos, jamais quelques heures loin d'eux pour mieux les retrouver (c'est pas la peine de me dire en commentaire de sortir m'aérer et voir du monde, si je pouvais, je le ferais. Merci) (et l'idée d'être soulagée de reprendre un jour le boulot pour moins voir mes gosses me déprime).

Comme toutes les mamans, en somme.

Et là je me dis, pourquoi, pourquoi cet idiot d'instinct nous impose-t-il si fort de faire des enfants ???

Pourquoi est-ce qu'on n'a pas la force, un jour, d'aller contre ça ??? pourquoi cède-t-on toujours ?

J'envie mes copines sans enfants.

Je regrette ma vie sans enfants.

C'est vrai, il y a de beaux moments, c'est vrai, c'est beaucoup de bonheur des enfants, c'est vrai, je les aime, mais j'en peux plus de cette vie.

Je croyais que tout ça était derrière moi (tout ça = la déprime, l'impression d'en chier tout le temps, l'impossibilité de faire quoi que ce soit d'autre), et puis non. Peut-être simplement une petite rechute avant que ça n'aille réellement mieux.

Mais j'en ai marre de cette hypocrisie ambiante, entretenue par les parents pour convaincre les autres qui hésitent à faire des gosses pour ne pas être les seuls à en chier : non, avoir des enfants, ce n'est pas que du bonheur.

Avoir des enfants, c'est un renoncement énorme. Un truc auquel on n'est jamais assez prêt, même quand on sait qu'on ne va plus dormir et plus pouvoir sortir. On le sait, mais on n'est pas prêts à CA.

Renoncement à sa vie de femme, renoncement à sa vie de couple, renoncement à sa vie professionnelle (oui, quand tu es mère, tu sors plus tôt, tu poses des jours quand tes enfants sont malades, tu prends les vacances scolaires, et au bout d'un moment, on sait qu'on ne peut plus vraiment compter sur toi. Tu passes au second plan, et ta carrière avec. T'es pas carriériste ? Tant mieux !).

Renoncement à ses loisirs. Tous ses loisirs. Pas le temps de lire, pas le temps d'écrire (à part 15 minutes de temps en temps ici), pas le temps de coudre, pas le temps de faire du sport, pas le temps de voir des amis ou alors debout avec un bébé qui braille qu'on n'arrive pas à calmer en faisant semblant de continuer à suivre la conversation).

Alors, est-ce que tous ces renoncements sont compensés par le bonheur d'être mère ???? Vaste débat, vaste question, à laquelle je préfère ne pas répondre aujourd'hui. Attendre et voir si c'est pareil ensuite.

Un collègue que j'aime beaucoup m'a dit un jour en souriant (mais il était sérieux au fond) quand j'étais enceinte : "tu verras, c'est mignon au début, et puis ensuite tu regrette toute ta vie...".

Voilà. Tout est dit. C'est pas politiquement correct mais non, avoir des enfants, c'est pas que du bonheur.

Et c'est vrai, quand vous vous êtes couchée à 23h, que l'un s'est réveillé pour manger à minuit puis à 5h, qu'il se rendort à 5h45 et que l'autre se réveille à 6h et refuse de se rendormir mais râle toute la matinée parce qu'il est fatigué, on a envie de les passer par la fenêtre. De ne plus les avoir. De ne plus être mère, pour quelques jours, seulement. Les oublier, retrouver un peu de liberté, un peu d'autonomie.

A celle qui hésitent à faire le premier, ou le deuxième (pour les suivants, je préfère ne pas me prononcer) : réfléchissez-bien !!! Je voudrais pas vous décourager, car je suis quand même persuadée que bientôt ça ira mieux (si je ne me dis pas ça je ne survis pas), mais faut quand même un jour être un peu honnête : c'est hyper dur d'être mère. C'est même le truc le plus dur que j'ai jamais fait...

 

(oui je sais, ce post est noir. Très noir. Reflet de mon état d'esprit de l'instant, mais pas vraiment de mon état d'esprit général. Je me défoule ici parce qu'en vrai on ne peut dire à personne qu'on en a marre de ses gosses...)