Bébé Koala m'épuise.

La sérénité dont je vous parlais il y a seulement quelques jours est en train de se transformer en déprime et en fatigue. Il faut que je retrouve très vite ce calme dont j'étais capable car le stress et l'angoisse sont en train de poindre leur nez. Pas encore réellement là, seulement par courts moments fugitifs, par exemple au coeur de la nuit quand, réveillée pour la troisième fois en 5h, je mets une ènième fois un néné à l'air, mais ils ne sont pas loin, je le sens.

Avec Potam qui dormait la nuit, je n'ai pas du tout senti le poids du risque de la dépression du post partum ou du burn out.

Potam demandait beaucoup la journée, était épuisant, mais on dormait la nuit. Et ça change tout.

Bébé Koala est un bébé adorable, beau, qui grossit bien, qui dort paisiblement (avec ses périodes de sommeil agité bien sûr comme tous les bébés), que j'ai beaucoup de plaisir à porter, câliner, donner le sein.

Mais là, c'est juste un peu trop. Beaucoup trop.

Il demande à téter toutes les deux heures jour et nuit, parfois une heure trente (oui même la nuit). Mais il tète pour se rassurer, trois minutes chrono, et se rendort profondément. Impossible de le stimuler ou le réveiller pour le faire manger un peu plus, il n'y a plus personne. Lèvres pincées, il fait même une mine de dégoût quand je pose le mamelon sur ses lèvres pour le motiver à téter. Il s'est rendormi. L'avantage, c'est que les réveils de nuit ne sont pas trop longs, je peux le reposer dans son berceau il dort à poings fermés... jusqu'au prochain réveil.

Il a besoin des bras tout le temps. Il s'endort au sein, et se réveille systématiquement quand on le pose, sauf s'il est très profondément endormi. Quand il ne s'endort pas au sein, il reste éveillé, calme, tranquille, ses grands yeux bleus qui regardent partout avec grand intérêt, on peut même le poser dans un transat quelques minutes il reste éveillé calme un petit moment (pas longtemps, mais il n'a que trois semaines, faut pas trop en demander !), mais dès qu'il a sommeil ou en a marre d'être seul il pleure de plus en plus fort jusqu'à ce qu'on le câline, longuement, en marchant s'il vous plaît, jusqu'à ce qu'il s'endorme.

Je crois qu'inconsciemment j'ai peur que ce soit un Potam-bis. Un bébé qui demande énormément de disponibilité, d'amour, d'affection, de contact, de stimulation. Peur parce qu'il faut bien l'avouer, la première année de Potam a été hyper fatigante. Et que là, y en a deux...

J'ai trouvé ça sur les bébés "aux besoins intenses" :

http://allaiter.free.fr/presse/bbauxbesoinsintenses.html

C'est encore tôt pour bébé Koala pour savoir s'il en fait partie, mais je reconnais bien le Potam bébé par contre !

C'est peut-être tout à fait normal, ce n'est qu'un nouveau né. Mais je n'en peux plus. Je ne peux rien faire d'autre. Je passe ma journée avec mon crampon au sein ou dans les bras. Il n'y a que quand il dort profondément qu'on peut le poser et avoir un moment tranquille. Sans compter qu'à force, j'ai sacrément mal au dos... J'utilise un peu l'écharpe, mais il a vite trop chaud dedans, donc il se réveille en sueur.

Au final, rien de bien grave, rien d'anormal. Juste un bébé aux besoins intenses. Besoin de chaleur, de contact, de téter le sein de sa maman, d'être rassuré, câliné. Et je suis toute disposée à le faire si c'est ce dont il a besoin, mais il me faut un minimum de repos, un minimum de temps mort pour récupérer, et aussi l'assurance que ca va passer... parce que là je craque.

Les siestes, c'est difficile. Le matin ça passe trop vite, je n'ai pas le temps, il finit par s'endormir vers 11h et Potam rentre de l'école à 11h50 il faut que le repas soit prêt. L'après-midi, quand Potam dort, c'est le meilleur moment, malheureusement bien souvent y a une tétée au milieu, un gros caca, un moment d'éveil, et la sieste de Potam est terminée. La lose. Parfois après sa sieste je laisse Potam au Tigre et je dors quand même dans l'après-midi quand bébé Koala s'est endormi. Mais je ne peux pas toujours le faire, parfois on a des obligations dans la journée.

La nuit, je dors en moyenne une heure trente d'affilée, 2h quand j'ai de la chance, et à partir de 5h ou 5h30 c'est sommeil très agité pour bébé qui a mal au ventre (à force de manger tout le temps !) donc je ne dors plus ou je somnole 10 minutes de temps en temps. Et à 7h15 il faut se lever pour Potam.

Bébé Koala refuse la tétine ou mon petit doigt, ce qui pourrait l'aider à se calmer et à s'endormir. Depuis sa naissance il trouve son pouce parfois tout seul mais ce n'est pas automatique et ça ne le calme pas vraiment... Il n'y a que le sein.... que le sein... et la chaleur de maman ou papa.

Je vous rassure, globalement, ça va. Dès qu'il dort deux ou trois heures de suite, je reprends courage, je le regarde dormir comme un ange et lui pardonne toute l'énergie qu'il me prend. Mais parfois je craque. Parfois je lui donne le sein en pleurant, je le berce tout en ayant des pensées contre lui, et puis je m'en veux, j'essaie de me forcer à faire redescendre mon rythme cardiaque pour éviter de lui transmettre mon mal-être et je lui parle doucement. Parfois en pleurant, mais je lui explique et ça me fait du bien.

Ce qui est dur, aussi, c'est que je n'ai presque plus de temps pour Potam. Heureusement LeTigre me relaie quand il peut (quand il s'agit uniquement de le porter ou bercer), et alors je m'occupe un peu de Potam, mais c'est très frustrant, cette impression de délaisser mon grand encore tout petit. Heureusement je prends le temps de faire les quelques choses "importantes" pour lui dans la journée : aller le chercher à l'école, le coucher le soir, par exemple. De courts moments mais qui lui montrent que je suis toujours là.

On fait ce qu'on peut, voilà...

Quand j'arrive à garder un peu de recul je me dis seulement que bébé Koala n'a que trois semaines, que c'est normal, qu'il y a seulement une vingtaine de jours il était encore au chaud dans mon uterus, qu'il ne connaissait ni la faim, ni la solitude de son berceau, ni le froid. Qu'il lui faut apprivoiser cela et que je dois l'aider. Que si ça passe par des câlins ou des tétées répétés, je le fais. Lui donner toute la sécurité affective qu'il réclame, même si c'est au prix de ma santé mentale...