Profiter des rares moments de calme.

Rester zen et se répéter "ça va passer, ça va passer, ça va passer", comme un mantra rassurant.

Câliner, bisouiller, renifler et mettre au sein, encore et toujours.

Accepter ce petit crampon greffé à mon bras, greffé à mon sein, qui me renifle et ne me quitte pas.

L'accepter et en profiter, malgré les contraintes, malgré l'envie d'évasion, de liberté et malgré le besoin vital de repos.

Accepter la fatigue car elle est normale.

Se dire qu'il est encore si petit... Si petit...

Trois semaines moins deux jours.

Un bébé Koala qui hurle toute la nuit et mange toutes les 2h, qui ne quitte pas mes bras, que je ne peux pas poser, qui réclame le sein mais le lâche toutes les deux minutes, agacé, énervé, tout rouge de colère (eh oh c'est pas d'ma faute à moi ok ?) puis qui s'endort dans la même seconde, épuisé... qui me fait quelques adorables mimiques et sourires aux anges, puis qui se réveille au bout de quinze minutes à nouveau affamé, et ça recommence...

Le canapé qui commence à se creuser à l'endroit où je suis obligée d'être scotchée...

Le lait qui jaillit en quatre jets et arrose ses cheveux et le canapé alors qu'il se retire en hoquetant... Et le voilà qui s'énerve à nouveau car ça va trop vite, trop fort mais lui il a faim il aimerait tout boire et ne peut pas suivre...

LeTigre qui craque, entre les caprices du grand et les hurlements du petit, à cause du manque de sommeil.

Et moi là au milieu, stoïque, sereine, patiente, je ne pensais pas y arriver si bien, pourtant je dors peu, si peu ! mais une force est là qui m'aide à tenir, à accepter, à ne pas angoisser.

Cette sérénité depuis que bébé Koala est arrivé, quelle veine ! quelle joie aussi, quel bonheur, alors que c'est un peu difficile, un peu fatigant, alors que je n'ai pas beaucoup de moments pour moi, alors qu'au lieu de dormir à la sieste j'en profite pour faire les quelques petites choses que j'ai envie de faire car je n'ai pas d'autre moment... Quand bébé Potam hurlait je me demandais ce qui se passait, ce qu'il avait, je me posais mille questions. Pour bébé Koala je ne me demande rien, j'agis, je câline, je nourris, je change, je porte et quand rien ne marche, je le berce encore sachant que parfois il faut seulement attendre que ça passe...

Avec deux jours d'avance, je crois que nous y sommes en plein : le pic de croissance des trois semaines. J'espère que c'est ça sinon je ne reconnais plus mon bébé Koala qui est devenu un vrai crampon... Si c'est ça, une seule chose à faire : attendre que ça passe... et en attendant, câliner, mettre au sein encore et encore, et profiter des moments crampon en se disant qu'un jour, je serai nostalgique de cette période où il y avait encore un nouveau-né à la maison...

 

123