Aujourd'hui, bébé Koala a 12 jours.

On fait connaissance, on prend nos marques.

J'avais oublié comme un nouveau-né demande du temps et de l'énergie. Les tout premiers jours, il dort tout le temps, on se dit "punaise, trop facile en fait !", et puis arrivent les coliques, les angoisses du soir, les pleurs inexpliqués. Alors il faut bercer, câliner, porter, marcher, et recommencer.

L'impression de ne pas avoir de temps pour Potam. De dégager parfois un petit moment pour lui ou de l'associer aux soins du bébé (il est très curieux et aime participer, debout sur son petit tabouret), mais obligée de le délaisser un peu. Heureusement son papa et/ou sa mamie sont là pour lui, et j'essaie de profiter de chaque petit moment pour être avec lui à 100%, même si ce n'est pas long.

Bébé Koala va bien. Il a repris son poids de naissance à J3, il tète super bien et efficacement (il se nourrit en 10 minutes et ça tient 3h sauf périodes d'angoisse ou de coliques). L'allaitement a super bien démarré, sans douleur, montée de lait très rapide (normal, le morfale était au sein toutes les deux heures minimum les trois premiers jours) et pas trop douloureuse, sans engorgement, une petite crevasse à droite que je traîne encore mais qui est en phase de guérison, bref, l'allaitement, ça roulait.

Et puis, il y a eu le pic de croissance des 10 jours. Un bébé qui demande le sein toute la journée, les seins tout mous, bébé qui s'énerve et lâche le sein, le reprend, ne sait pas ce qu'il veut, et pleure toute la journée. J'ai passé ma journée à me demander ce qu'il avait quand je me suis souvenue de ce pic de croissance... du coup, j'ai repris courage en me disant "ça va passer".

Et c'est passé.

Mais depuis hier, il pleure, il pleure, il pleure. Les tétées de la nuit se passent bien mais à partir de 7h il demande très souvent et hurle après la tétée, jusqu'en fin de matinée c'est galère il pleure et demande le sein. Le soir, crises de coliques et angoisses... La nuit il mange vers 2h, 5h, 7h30 et ensuite toutes les heures. C'est épuisant.

Du coup, je me suis posé pas mal de questions et je pense que j'ai des pistes : d'abord, la fatigue. 12 jours que je n'ai pas eu une seule fois 3h de sommeil de suite (oui parce que quand il mange à 2h, le temps de la tétée et du change je me rendors à 2h30 voire 2h45 et il ne me reste que 2h30 de sommeil jusqu'à la tétée suivante...), je commence à accuser le coup.

Ma mère m'a dit "tu sais, tu es fatiguée, aussi, ça joue peut-être...". Et je crois qu'elle a raison. Je suis trop fatiguée, et ça doit s'en ressentir sur mon lait. Ca et le fait que le soir je ne mange pas assez, le matin je suis à jeun depuis trop longtemps, il faut que je mange mieux le soir, voire que je grignote un truc dans la nuit.

L'allaitement, c'est vraiment pas évident, même quand a priori tout se passe bien. Un cercle vicieux est si vite enclenché : maman est fatiguée, le lait est moins bon, bébé pleure et n'est pas rassasié, du coup maman angoisse et donne le sein plus souvent, donc fatigue, donc le lait est moins bon. Un sacré mauvais trip qui peut conduire à l'arrêt de l'allaitement. Moi qui suis si motivée, depuis hier je me dis "allez je lui file un bon bib et on n'en parle plus...", totalement déprimée et fatiguée.

Faut être sacrément renseignée et motivée pour comprendre et régler les petits soucis qui peuvent devenir insupportables.

Cet après-midi, j'ai fait une grande sieste pendant que ma mère gérait Potam. Ca m'a fait un bien fou, ça m'a détendue aussi, et j'ai appréhendé l'après-midi et la soirée bien plus sereinement. Ca fait du bien. En dormant un peu plus et en mangeant mieux, ça devrait repartir...

Sinon, bébé Koala est plutôt cool, il m'arrive de le poser les yeux ouverts dans son berceau et il s'endort seul. Il ne crise pas quand je le change, ni quand il est tout nu avant le bain, ne pleure pas quand je le sors de l'eau, il profite, ses grands yeux bleus ouverts sur le monde...

Il a pas mal de crises de colique qui sont bien énervantes car il pleure sans qu'on puisse le calmer... Alors hors des crises, je lui masse le ventre. C'est assez efficace, jambes relevées (hanches ouvertes), par-dessus le body je masse tout doucement son ventre dans le sens des aiguilles d'une montre et 9 fois sur 10, j'ai droit à un gros caca ou des gaz ! Pendant le massage, il est hyper détendu, tout zen, il ne bouge plus et savoure, yeux grands ouverts...

Il a déjà de la force, il se redresse, se cambre, redresse sa tête si on le porte debout contre nous, essaie même de nous escalader avec ses petites jambes tendues quand il est très énervé...

Il met déjà des bodies taille 1 mois même si les pyj naissance lui vont encore (tout juste), il change et grandit jour après jour, et j'essaie de retenir chaque moment comme si c'étaient les derniers, tellement ça passe vite, tellement il n'est déjà plus le tout petit nouveau-né des premiers jours... Son visage a changé déjà, il s'éveille, il prend des joues, son regard s'intensifie et commence à se fixer sur les visages. Il réagit à chaque son, écoute subjugué les petites comptines que je lui chante.

Il a parfois des moments d'éveil calme mais il faut souvent rapidement le prendre dans les bras, il n'aime pas rester trop longtemps tout seul éveillé, mais je peux le laisser quelques minutes dans son cosy pendant que je m'occupe de Potam.

Il dort dans sa nacelle la nuit, posée à côté de mon matelas (j'ai passé ma chambre à ma maman). Il y est bien, il s'y sent en sécurité car il est tout entouré. La journée il dort dans son berceau, en bas avec nous, dans le coussin d'allaitement. Et quand on sort c'est en cosy dans la voiture puis écharpe de portage. Pour les balades en plein air, la nacelle sur la poussette.

Malgré les moments difficiles, je mesure la chance que c'est d'avoir un nouveau-né à la maison. Et même quand il me tire d'un sommeil de plomb la nuit, je le bisouille quand je le sors de sa nacelle, je le renifle, je profite. Je fais des siestes en cododo, je gagatise, je lui parle, et je l'observe quand il dort... J'espère quand même que les crises et coliques vont s'espacer parce que c'est vraiment pas facile... (et heureusement que je ne suis pas seule, je ne sais pas comment je ferais...).