Ma DPA se rapproche. Plus qu'un gros mois, et pour l'instant même si je me sens lourde et handicapée, je n'ai pas encore hâte d'accoucher.

Mais une chose est sûre : les absences du Tigre sont de plus en plus pénibles, car j'ai de moins en moins de capacités physiques et nerveuses.

Je me sens totalement diminuée, handicapée, et gérer le Potam est parfois vraiment au-dessus de mes forces.

Heureusement, je ne vais presque plus être seule. J'ai organisé la fin de ma grossesse et les débuts avec le bébé de façon à ce que j'aie toujours quelqu'un pour m'aider, n'ayant pas de famille ni d'amis proches dans la région, j'ai voulu m'entourer pour que cette période soit plus facile.

En ce moment, ma soeur est là, avec sa fille de 9 ans, et ça me soulage bien. Elle emmène les deux en balades ou à la plage, et moi soit je fais des choses dans la maison, soit je me repose. C'est génial. Elle fait le ménage, elle m'aide à préparer le repas et à ranger, on fait les courses ensemble, bref c'est une aide précieuse...

N'empêche que parfois, je dois quand même faire face aux crises du Potam. Un Potam qui est super cool avec sa tata quand je ne suis pas avec eux, mais qui me colle en chouinant dès que je suis là. Il est encore malade, même s'il n'est plus fiévreux il a le nez pris et il tousse très gras, il n'est pas encore en super forme du coup il est lourdingue. Il geint, il s'acrroche en chouinant, il refuse que sa tata l'approche (si je suis là), du coup c'est quand même moi qui dois gérer.

Et quand il est comme ça, j'avoue, je n'ai plus la patience. Je suis d'habitude une maman pleine de patience, je m'énerve vraiment rarement et en général j'arrive à l'amener à faire ce que j'ai décidé qu'il fasse sans grosse crise, sans crier, sans gronder, mais là, je ne peux plus. Je me sens dépassée, épuisée, incapable de le gérer. J'ai envie de pleurer, de démissionner, de me recroqueviller.

Les soirs difficiles, comme ce soir, où il refuse tout en bloc en crisant, où il se roule par terre quand je lui demande quelque chose, où je n'obtiens absolument rien de lui, je craque. Ca finit irrémédiablement dans les cris et les larmes (les siens et les miens). Je le regrette, je culpabilise, mais je n'arrive plus à garder mon calme. Je ne peux plus le porter de force, lui courir après, alors je m'assois en tailleur dans sa chambre et j'attends qu'il ait finit sa crise, je parlemente, j'essaie de convaincre, mais ça ne fonctionne pas. Il me teste, me cherche et finit par obtenir ce qu'il cherche : je m'énerve. Et je me contiens en général tellement longtemps, que quand j'explose c'est du n'importe quoi. Je pète littéralement les plombs, je claque le pyj par terre, ferme le volet et le laisse là, fesses à l'air dans sa chambre, porte fermée, le temps de me calmer et de le calmer. Puis, après quelques larmes dans mon coin, je reviens plus calme, lui demande s'il s'est calmé aussi et on repart de zéro.

C'est vraiment nul. Moi qui suis si douce d'habitude, je fais des démonstrations de violence, d'énervements, incapable de me contenir et j'agis exactement comme ce que je lui reproche. Heureusement ça se finit toujours bien, au bout d'un temps plus ou moins long on finit toujours dans les câlins et les bisous, avec un Potam qui, comme par magie, comprend subitement qu'il peut lâcher prise et se couche, tout gentil, me dit bonne nuit et me fait un bisou, comme si tout s'était passé tout à fait normalement jusque là.

Heureusement que je sais que mes réactions sont liées à la grossesse et que ça va bientôt prendre fin, car je me déteste dans ces cas-là. J'agis n'importe comment, je fais trop d'erreurs, j'envoie des messages contradictoires, je perds mon sang-froid, c'est nul, nul, nul.

Il me reste un peu plus d'un mois mais très peu de temps seule. Je vais être entourée, aidée, choyée, j'ai de la chance. Mon Potam ne devrait pas me subir dans cet état trop souvent, et tant mieux.