Son enfant malade, on ne le souhaite jamais.

Ramasser du vomi, torcher de la diarrhée, insérer des supos, laver des thermomètres trois fois par jour, c'est pas marrant. Et puis, savoir que son enfant souffre, ce n'est jamais une partie de plaisir.

Potam est malade.

Il a une bonne bronchite avec toux grasse et gênante (on dirait qu'il va vomir à chaque fois qu'il tousse), et pas mal de fièvre (39 au réveil de la sieste).

Il est tout patraque, a une petite mine, est sage chez le médecin (c'est dire) et demande les bras toute la journée.

Ben, c'est peut-être pas du tout sympa pour lui, mais moi je profite ;-)

Je n'aime pas qu'il souffre, mais ce que j'aime quand il est malade, c'est être SON repère, la seule qu'il accepte, celle qui le câline, celle qui le réconforte, celle qui soigne, celle qui dit des mots doux qui apaisent, celle qui couche et celle qu'on appelle dans la nuit (ou pas. Cette nuit il ne s'est pas réveillé). Celle qui explique, qui rassure, qui a le privilège d'avoir le droit de caresser ses cheveux et sa nuque.

Potam malade, se blottit contre moi, dort beaucoup et fait beaucoup de câlins. Il ne quitte pas mes bras, et même si c'est fatigant j'adore ça. Lui qui fait des câlins d'une demi-seconde d'habitude, me remplit mon réservoir à câlins quand il n'est pas bien.

Ce tout petit corps brûlant et fatigué contre moi, c'est tellement doux, tellement apaisant.

Mon rôle de maman à plein, plus rien d'autre qui ne compte, plus aucune autre priorité, juste mon tout petit malade. J'ai envie de veiller sur son sommeil, besoin de le rassurer, de le toucher.

Lui qui lutte tellement à l'heure du coucher d'habitude, là c'est lui qui me demande à aller au lit sans rien vouloir manger, il quémande sans conviction une histoire qu'il n'écoute pas, me ferme le livre dans les mains et me dit "non, je veux dormir". Il se blottit sous sa couette avec son doudou et son nounours préféré, ferme les yeux, et me dit "tu peux me laisser maman, je vais dormir maintenant". Mon grand garçon, mon tout petit poussin. Je quitte la chambre sur son "bonne nuit maman" et n'entends plus rien.

Aujourd'hui, parmi les nombreux câlins qu'il m'a fait, il y a eu celui dans la salle d'attente du médecin, Potam assis sur mes genoux, la tête sur le haut de mon gros bidon et sa petite main sur les fesses de son petit frère.... (sans le savoir bien sûr). Sensations inoubliables de couver deux petits poussins qui ne se connaissent pas encore...