Hier, sous un grand soleil et des températures presque estivales (oui je suis un peu difficile, mais pour moi quand il fait 22 avec un vent frais, c'est pas tout à fait des températures estivales), je partais en voiture, fenêtres ouvertes, flâner au centre commercial. Et dans ma voiture, j'écoutais Muse et ça me mettait en transe, je devais avoir un sourire niais scotché sur le visage.

Alors, je me suis demandé.

Je me suis demandé pourquoi je n'écoutais jamais de musique. Pourquoi, alors que j'aime ça, que j'ai fait le conservatoire et ai été baignée dans un univers musical, je n'écoute jamais de musique.

Et la réponse, j'ai fini par la trouver, ce matin.

L'amour du calme et du silence.

Voilà pourquoi. Voilà pourquoi la télé n'est jamais allumée en fond sonore chez moi, voilà pourquoi je ne pense même pas à allumer la radio, voilà pourquoi les seuls moments où j'écoute de la musique, c'est en voiture.

Ce matin, après avoir fait le ménage, je me suis allongée sur mon lit pour me reposer et j'ai eu envie, après mes réflexions de la veille, d'écouter la radio vu que je n'avais envie ni de lire ni de tapoter sur mon téléphone (j'essaie de prouver au Tigre que je ne suis pas si accro que ça, même si bon, ok, je l'admets, je suis accro. En plus c'était stupide car il n'est pas là). Et ben, je l'ai éteinte. Ca m'a gonflée. J'ai préféré mille fois rêvasser en écoutant les bruits de dehors, les oiseaux, un chien qui aboit au loin, de la musique lointaine chez un voisin, etc... et le silence de ma maison vide dont le carrelage blanc était en train de sécher, toutes fenêtres ouvertes, grâce à une douce brise chaude d'un jour de juillet.

Et s'il se trouve que j'aime le silence et la solitude (ils sont bénis ces jours où, seule à la maison, LeTigre en région parisienne, je peux me permettre d'écouter le silence...), il se trouve aussi que je suis dotée d'un gnome de Deux-Ans-et-Demi un rien bruyant. Comme tous les gnomes, vous me direz.

Ca parle tout le temps, quand ça ne parle pas ça chante, ça fait des bruits de bouche, ça renverse des choses, ça tape pour "faire de la musique", ça remue une boîte en fer pleine de crayons, ça court, et ça fatigue.

Hier soir, pour la première fois, j'ai été saoulée de bruit et d'agitation. Potam avait mille de tension, comme ça lui arrive parfois sans raison apparente, il posait mille questions à la minute (où ? Et quand ? Et pourquoi ? Et tu fais quoi ? Et je peux regarder ? Et je peux le faire ? Les bras...) et moi qui d'habitude mets un point d'honneur à répondre à toutes ses questions, je me suis entendue lui dire comme la maman de Tchoupi dans "Tchoupi attend Noël" : "chuuut.... Tu me fatigues avec toutes tes questions..." ce à quoi il a répondu par un classique mais non moins désarmant "pourquoi ?"...

Alors aujourd'hui, je me shoote au silence. Ce silence qui remplit, qui calme, qui apaise. Certains sont oppressés ou angoissés par le silence. Moi il me ressource.