Paraît que les femmes enceintes pleurent tout le temps. Qu'elles sont hyper sensibles à cause des hormones et qu'elles fondent en larmes pour des broutilles, à la moindre contrariété, devant un film émouvant, quand elles sont heureuses ou émues, etc...

Depuis hier, j'ai eu les larmes aux yeux et l'envie de pleurer au moins six fois.

Alors je crois que oui, je peux dire à la lumière de mon expérience, que les femmes enceintes, ça pleure tout le temps !

D'ailleurs, même Mérédith elle pleure pour des conneries depuis qu'elle est enceinte !!!! (bon ça y est, vous connaissez mon programme télé du mercredi soir).

Au début, je trouvais pas ça totalement justifié, en fait. Je me trouvais certes un peu plus sensible que d'habitude, mais étant déjà une grande pleureuse du fait de mon hyper sensibilité (même sans être enceinte je pleure devant une video sur FB, devant un film, quand je dis des mots d'amour à mon fils, quand il me dit des petites phrases trop mimi...etc), donc effectivement, en début de grossesse, j'avais bien remarqué que j'étais encore plus à fleur de peau. Mais juste un peu. Je ne pleurais pas spécialement plus, j'étais juste un peu plus facilement à cran, les nerfs à vif.

Mais depuis quelques jours, je chiale tout le temps ou je n'en suis pas loin.

La faute aux hormones ? Pas tant que ça, en fait, je crois.

La faute, surtout, à la fatigue. Cette fatigue démentielle du corps qui envoie des signaux pour qu'on se repose, mais des signaux qu'on ne peut pas toujours écouter (même si on aimerait). Cette fatigue liée à une tension un peu basse, à des sensations d'être dépassée en permanence par trop de choses, trop d'efforts, trop de données.

J'ai pleuré en étendant le linge, hier, car Potam m'a chippé la corbeille à linge.

J'ai pleuré lorsqu'il m'a rappelée pour la troisième fois après être couché et que j'ai été obligée de remonter à l'étage pour remettre sa couette "qui est mal mise, maman !".

J'ai pleuré ce matin en décidant que la petite robe noire et les ballerines neuves resteraient dans l'armoire à cause du vent, des gros nuages et de la pluie qui menaçait.

J'ai failli pleurer devant la crèche quand j'ai réalisé que j'arrivais pile à l'heure de dépôt de tous les enfants à l'école et qu'il n'y avait plus de place et que j'étais en retard et que Potam demandait pour la 52è fois "on va où maman ce matin ?".

J'ai failli pleurer quand il m'a dit "les bras maman" pour parcourir les 200 mètres qui séparaient notre voiture de la crèche.

J'ai failli pleurer quand, en retard, j'ai dû mettre les warnings sur l'autoroute car il y avait un accident.

J'ai failli pleurer quand j'ai réalisé que si je faisais pas attention, un jour ça pourrait être moi, coincée dans une voiture défoncée sur la voie de gauche de l'A16.

J'ai failli pleurer quand j'ai vu ce dossier vert sur mon bureau alors qu'il n'avait RIEN à y faire car j'avais déjà transmis toutes les pièces en ma possession à ma chef qui a juste du mal à prendre une décision et qui préfère voir les dossiers pourris pourrir encore plus sur MON bureau.

J'ai failli pleurer quand ma chef m'a dit, cet après-midi, alors qu'elle me voyait pour la première fois depuis un mois "oh vous avez l'air fatiguée, vous avez mauvaise mine et les joues creusées. Ca va vous êtes sûre ?"

J'ai pleuré dans mes toilettes, ce soir, après un caprice et en entendant le Potam rappliquer alors que j'étais sur le point de mettre mon suppo pour mes hémorroïdes. J'ai eu du mal à retenir mes larmes quand il est arrivé et m'a dit "maman tu mets ton suppo ? Pourquoi ? Je peux regarder ? Il est tout sale ? Pourquoi tu le jettes à la poubelle ? Ca y est ? T'as mal aux fesses, maman ? Moi aussi je veux un suppo. Tu me mets un pansement, maman, j'ai mal au doigt, là, ici, tu vois ? Je peux tirer la chasse ? Tu veux encore du papier ? Tu me lis les trois ours ?.....".

J'ai pleuré quand j'ai voulu lui laver les dents et qu'il a fait la carpette, à ramper sur le sol pour que je sois obligée de le porter pour aller à la salle de bain.

J'ai failli pleurer en lui lisant l'histoire, tellement je n'y arrivais pas. Tellement j'avais le ventre lourd et tendu. Tellement j'avais envie de vomir et le diaphragme comprimé.

 

A chaque fois, je lui ai caché, je crois. Il n'a rien vu, ouf. Je n'aime pas être dans cet état, je n'ai aucune patience, j'élève la voix pour un rien. Du coup je lui ai expliqué plusieurs fois, que ce soir j'étais très très fatiguée et qu'il devait être sage sinon j'allais m'énerver très vite. Heureusement on a pris notre bain ensemble, ça m'a permis de me laver les cheveux et donc, de gagner un peu de temps de sommeil demain matin. Et puis comme ça, pas besoin de me plier en deux au-dessus de la baignoire. Ce fut un vrai (et le seul) moment de détente et de repos avec un Potam tout content quand je racontais des histoires avec ses jouets sur mon ventre sortant de l'eau.

Il faut absolument que je parvienne à garder ces petits moments de partage avec Potam, qui lui font oublier les autres moments où la fatigue et le stress me rendent désagréable...

Ca a été, pourtant, aujourd'hui, vraiment. Ma journée de boulot s'est bien passée. Mais le soir, en rentrant, j'aurais tellement eu besoin de me reposer...