Ce doit être le contrecoup des trois jours de folie du déménagement, mais ces jours-ci je suis fatiguée, irritable, un rien me paraît insurmontable, j'ai cette sensation de perfectionnisme aigü qui me prend par moment "je ne vais jamais y arriver". Alors qu'il n'y a pas d'urgence, que je fais ce que je peux quand je peux, mais c'est plus fort que moi, j'analyse toute la journée toutes les choses que je voudrais faire, fais des listes de priorités qui changent tout le temps en fonction de mon humeur, et me sens totalement perdue devant la complexité du problème.

La seule solution serait d'avoir une baguette magique comme la fée de Cendrillon et de pouvoir commander les objets à distance, depuis mon canapé. Tout serait rangé en une journée, le pied.

Je suis fatiguée, et pourtant tout va bien. J'ai été voir ma sage-femme pour mon RV du 6è mois (j'entame le 7è mois lundi), et ma tension est bonne, mon taux de fer est "exceptionnel" (même pour une femme non enceinte il est super haut) même s'il a baissé depuis le mois dernier, mon col est long, tonique et fermé, bébé n'appuie pas dessus, bref tout se passe à merveille médicalement.

Côté ressentis ce n'est pas exactement aussi fun car je cumule hémorroïdes et remontées acides, + une douleur de sciatique qui vient et qui va, ainsi que la fatigue qui est vraiment très présente, un sommeil de mauvaise qualité et des crampes la nuit (malgré le magnesium que je prends pourtant à haute dose). Vu le déménagement récent, le Potam à gérer sans LeTigre 3 semaines sur 4, et les trajets pour aller au boulot, la sage-femme m'a arrêtée jusqu'au 4 juin. Je suis soulagée. Je devais reprendre mercredi et je le sentais pas, je m'en faisais une montagne, un truc insurmontable. J'ai eu l'impresion d'abuser vu que médicalement rien ne le justifie, c'est encore mon côté perfectionniste et "respect des règles", mais j'essaie de me raisonner, de me dire que c'est bien, que je serai plus sereine et que je pourrai à la fois continuer à ranger un peu tout en me reposant autant que de besoin.

Le Potam m'épuise en ce moment. Il est à la fois craquant et épuisant. Cette nuit il ne s'est pas du tout réveillé et s'est levé à 8h, ce qui est super bien, car depuis le déménagement il se réveillait quatre, cinq à six fois par nuit en nous appelant, il fallait se lever à chaque fois, et se réveillait à 6h30. On était épuisés. Cette première nuit complète fait du bien et j'espère que ça va durer. Hier soir je lui avais dit "cette nuit, tu nous laisses dormir, hein ? Si tu te réveilles, tu regardes ton petit écureuil (son réveil veilleuse), tu fais un câlin à ton doudou et tu te rendors, tu n'as pas besoin de nous appeler. Tu sais qu'on est là, juste à côté. Tu n'as rien à craindre." et ça a marché ! il n'a pas appelé, je ne sais même pas s'il s'est réveillé ou non.

Et puis il faut lui courir après tout le temps, pour tout. L'habiller ou le déshabiller, le changer, lui donner un médicament (il a fait une petite gastro mercredi et jeudi), c'est la croix et la bannière, il se barre, prend ses chaussettes et les jette dans une autre chambre, rigole quand on s'énerve, adore la nouvelle douche à l'italienne mais hurle pour en sortir. A côté de ça, il pose mille questions sur tout, me fait des câlins, me fait un bisou tout tendre pour me calmer dès qu'il me sent un peu sur les nerfs (c'est à dire souvent en ce moment !), comprend tout, répète tout (même le "Ta gueule" que j'ai osé dire à son père, hier... Oups...), compte sur ses doigts les jours de la semaine...

 

Globalement, le gros bidon qui commence à peser ainsi que les hémorroïdes qui me font vraiment mal, me rendent irritables car j'ai l'impression de ne plus avoir la maîtrise de mon corps, de ne plus pouvoir faire ce que je veux comme je veux, je m'épuise à rattraper le Potam quand il se fait la malle, à le porter et le maintenir de force sur sa table à langer ou dans son lit, à faire des allers-retours en bas/en haut parce que quand on est occupés en haut Potam veut forcément un truc qui est en bas, et vice versa. Et me sentir diminuée comme ça, j'ai beau savoir pourquoi et savoir que c'est normal, ça me déprime. Je n'arrive à rien, j'ai besoin de m'allonger souvent parce que bébé pèse sur mon col quand je reste trop longtemps debout.

Cette semaine LeTigre était là, et je ne bossais pas, et malgré tout je fatigue. Il va partir quatre jours et j'appréhende. Heureusement il revient mercredi et ne repart que le lundi suivant. Ca va aller. Ca va aller. Ca va aller.

Quand même globalement, un déménagement enceinte avec un Deux-Ans-Et-Demi, je ne le conseille à personne. C'est un des trucs les plus fatigants que jaie jamais faits...

Et sinon, ce matin Potam a fait caca sur les toilettes. Gros, gros progrès. Je l'ai vu venir, je lui ai proposé, il m'a dit oui tout de suite. Alors j'ai sauté sur l'occasion, on a enlevé les couches, j'espère pour ne plus les remettre. Quatre pipis ce matin, quatre pipis dans le slip. Et puis un pantalon en toile mouillé ça ne lui a vraiment pas plu, et le pipi d'après, il nous a dit "je veux faire pipi dans les toilettes !". Donc pour l'instant on tient bon, j'ai décidé de suivre l'exemple de Laurette et de lui faire confiance sans revenir en arrière (c'est à dire sans remettre les couches s'il y a des accidents). J'avoue qu'après les quatre pipis et refus total du pot ou des toilettes (avec réducteur), j'ai un peu déprimé. Je me suis dit "il est totalement bloqué, on n'y arrivera jamais". Et puis ce pipi dans les toilettes me montre qu'il n'est pas tout à fait bloqué, alors on va persévérer, je vais l'encourager et lui faire confiance, cette fois. Il a peut-être seulement besoin de voir que même s'il se loupe, ça n'a pas de conséquence. Et si ça marche, merci Laurette.