Hier, c'était communion.

Messe à 11h, belles toilettes, puis repas en salle des fêtes.

Au programme selon moi : avoir froid dans une robe d'été alors qu'on est pas en été, messe ennuyeuse où on n'entend rien, où on ne voit rien, où on chante faux, repas interminable, ennui, musique à fond, difficultés digestives, et plein de gens qu'on ne connaît pas à qui on doit faire la conversation (surtout que quand on a un bide de 5 mois et demi de grossesse, on s'expose à devoir BEAUCOUP raconter sa vie, surtout aux vieilles).

Bref, vous l'aurez compris, j'y allais plutôt à reculons.

J'avais trouvé ma robe sur un marché, à 25 euros, ne voulant pas investir dans une tenue que je ne remettrai plus (ventre de 5 mois et demi de grossesse oblige).

J'avais acheté une jolie petite tenue à Potam, faite uniquement de pièces qu'il pourrait remettre sans occasion : une petite chemisette blanche toute simple en trois ans (donc trop grande !) par-dessus un joli tee-shirt gris souris, un pantalon gris souris, et une jolie veste en jean style "aviateur" en taille trois ans aussi pour qu'elle lui aille jusqu'à l'automne au moins. Le pantalon était recyclé, je ne l'ai pas acheté exprès, chaussures idem.

 

Et puis finalement, le bilan de cette journée est très positif.

Bon ok, même si je n'ai fini aucune de mes assiettes, hier soir je me sentais lourde et le ventre tendu au maximum, et ce matin la nausée n'est pas loin...

Mais sinon, il a fait beau, un peu frais devant l'église à cause du vent puis très bon dans l'après-midi, l'ambiance était bonne, les gens sympas, la musique bonne aussi (un peu d'années 80 et de Claude François parce que c'est inévitable, mais aussi pas mal de musique latino et antillaise, qui me plaisent beaucoup plus et qui donnent vraiment envie de danser !).

A la messe, on est arrivés exprès un peu en retard, craignant que ce soit trop long pour un Potam-tornade. Du coup on est restés debout derrière, mais Potam a été très intéressé. Dans les bras respectifs de sa Nonna, son papi, sa tata et son papa, il a observé, bisouillé son hôte du moment, et répété deux mille fois "c'est quand ça commence le pestacle ?" certain qu'on l'avait emmené au spectacle de Guignol. J'ai dû lui expliquer les bases pour qu'il comprenne ce qu'est une messe, mais je ne suis pas sûre qu'il ait tout compris ;-). Quand les gens ont chanté, il s'est bouché les oreilles avec ses mains en disant "ouille ça fait mal aux oreilles cette musique !" et moi j'ai jubilé, tellement je trouve qu'on pourrait de temps en temps avoir des gens qui chantent juste dans les églises ! Il a aussi regardé la statue du Saint au-dessus de lui en demandant "c'est qui la dame ?" (ben oui les Saints ils ont des robes... c'est juste pour contrarier les Deux-Ans-Et-Demi).

Ensuite, on a trop mangé mais bien, c'était de bonne qualité, rare dans ce genre de repas de salle des fêtes...

J'ai pas mal dansé donc me suis pas trop ennuyée (d'habitude LeTigre et moi passons l'après-midi à table sur nos chaises sans bouger, en compagnie de ma belle-soeur et de son mari qui partagent exactement notre avis sur ce genre de journées), je me suis reposée un peu dehors au soleil sur un fauteuil plutôt confortable, j'avais prévu des ballerines à troquer contre mes talons aiguille que je n'ai pas gardé longtemps (oui mais aussi pour courir après un Deux-Ans-Et-Demi dans les graviers avec un gros bidon, les talons c'est moyennement pratique), ma robe était ample donc je n'ai pas été gênée au ventre, bref, j'ai été plutôt pas trop mal vu les circonstances...

Et puis surtout, surtout, Potam.

Potam infatigable.

Potam qui s'était réveillé, par chance et par surprise, après 8h le matin, qui n'a pas fait de sieste et qui est resté jovial et poli tout l'après-midi.

Autant dire que j'étais fière de lui ! Il a parlé à tout le monde (pour le plus grand bonheur des mamies qui s'ennuient autant que moi dans ce genre d'endroit), il est passé de bras en bras et de genoux en genoux, il souriait tout le temps, et il a dansé, dansé, dansé.

Il était le plus jeune. Il y avait un autre petit garçon à peine plus grand que lui, mais qui ne voulait pas danser. Les autres enfants étant en bande réparties par âge en train de jouer dehors, il s'est retrouvé tout seul sur la piste de danse, et nous a fait un show hilarant durant cinq heures.

Oui, cinq heures, cinq heures de danse, de course effrénée dans la salle, de sauts de joie, avec quelques pauses de 17 secondes sur des genoux plus ou moins connus pour grignoter un bout de pain.

Je ne sais pas comment il a fait, je ne sais pas de qui il tient ce rythme endiablé et cette endurance, mais il a dû dépenser 10000 calories, en n'ingurgitant que deux tartines de pain (il n'a rien voulu d'autre, à part la spécialité à base de fois gras qu'il a dévorée dans mon assiette) (ruinant au passage sa chemise blanche d'un recrachat de groseille trop acide).

Lorsqu'il y avait du monde sur la piste, Potam quémandait une paire de bras endurante et ne voulait plus en redesendre.

Lorsqu'on était à table, il était seul et dansait et courait et tournoyait en riant de joie dans les lumières colorées projetées au sol.

Quand on est partis, les 120 personnes de l'assemblée connaissaient le prénom de Potam et voulaient lui faire un bisou pour lui dire au-revoir.

Il a été la mascotte de la journée et a enchanté les yeux blasés des vieux à moitié endormis sur leur chaise. Il a dansé dans les bras de tous ses tontons, s'accrochant à leur cou, et de toutes ses tatas. Il a dansé un slow avec son papa et a manqué s'endormir dans ses bras (petite pause bien méritée). Il a dansé un slow avec sa tata préférée en l'embrassant sur la bouche et en jouant avec ses cheveux bouclés (va être un tombeur, mon fils) (mais il n'aime que les tatas aux gros seins) (par chance, elles ont presque toutes des gros seins ;-)) (ça, je sais de qui il le tient).

 

Moi qui m'attendais à passer une journée pénible, j'ai passé de merveilleux moments, à regarder mon fils s'éclater, à danser avec lui, et à être fière, si fière, de ce merveilleux petit garçon qui m'étonne chaque jour un peu plus.

Potam s'est ensuite écroulé dans la voiture sur le chemin du retour, puis dans son lit en deux minutes en arrivant à la maison, jusqu'à 8h ce matin, parce qu'on a dû le réveiller pour aller à la crèche.

On devrait tous les jours le faire danser cinq heures pour qu'il dorme longtemps le matin...