Je vous ai déjà dit que je suis une grosse flemmarde ?

Que j'ai toutes les difficultés du monde à me concentrer, à ne pas me laisser distraire, à m'intéresser, au boulot ?

Parfois je me dis que c'est parce que mon boulot ne me plaît pas assez. Et puis d'autres fois, quand j'arrive à bien bosser, je me dis que finalement, mon boulot est super ! Alors pourquoi, environ 70% de mon temps, je m'ennuie ???

Il y a deux problèmes de fond dans cette question cruciale dans ma vie.

D'abord, l'intérêt du boulot.

Comme peut-être beaucoup de monde, je suis en quête de sens. Faire quelque chose que j'aime dans des conditions que je choisis. Parce que quand je dis que je suis flemmarde, ce n'est pas entièrement vrai. Je suis capable de donner beaucoup d'énergie, de passer beaucoup de temps, d'être très efficace, rapide et perfectionniste (si si, ça peut aller ensemble), quand je fais quelque chose qui a du sens, quelques chose qui me plaît.

Par contre, au boulot, alors que ça ne me déplaît pas totalement mais où j'ai du mal à me motiver, je peux glander des heures dès que je n'ai pas d'urgence. Il me faut l'urgence, le couteau sous la gorge, le délai serré, et là oui, je carbure, je ne lève pas le nez, je suis hyper efficace. Mais dans mon boulot, ce n'est pas comme ça. J'ai des dossiers de fond à gérer, à organiser, me plonger dans des choses qui vont me prendre des semaines, et je repousse en permanence parce que je n'ai aucun délai précis. J'ai parfois de petites urgences que je traite quand elles se présentent, mais qui ne me prennent jamais plus d'une heure. Une fois que c'est fait, je traîne. Je suis pleine de bonne volonté pour l'avenir, mais j'arrive pas à me plonger dedans, j'ai pas envie.

Je n'ai toujours pas renoncé à ma reconversion, mais je l'ai repoussée. Enceinte et avec un tout petit, ce n'est pas le moment de chambouler toute mon organisation, tous mes repères. Surtout avec l'achat de la maison et l'endettement qui en découle. Je me suis donc laissé un an pour y repenser. Un an ce n'est rien, je ne me sens pas l'énergie de tout mener à bien en même temps, alors chaque chose en son temps.

 

Le deuxième problème de fond, qui sera résolu dans quatre mois, c'est la grossesse.

Personnellement, je trouve hyper difficile de bosser enceinte. Je sais que la majorité des femmes le font et y arrive, moi j'ai vraiment du mal. Encore plus de mal à me concentrer, encore moins motivée, je ne fais que compter mes heures et mes jours de congé, les semaines qui me séparent du congé mat', je trouve insurmontable le fait d'y aller 4 jours par semaine, toutes les semaines. Je suis lasse, fatiguée, j'ai envie de buller, je suis dans un état psychologique totalement incompatible avec le boulot.

Ca craint, je sais. Alors je fais ce que je peux, les jours où je suis en forme je me motive à fond pour avancer tant que je peux pour compenser les jours où j'ai l'énergie d'un bullot. Mais faut bien reconnaître que ces derniers sont beaucoup plus nombreux...

La plupart du temps, je culpabilise à fond, ce qui rend mes journées encore plus pénibles. Et puis d'autres fois, je me dis "eh merde, c'est comme ça, j'y arrive pas, c'est tout, je fabrique un bébé et ça prend toute mon énergie, c'est normal".

Il y a quelques jours j'ai appris qu'une très bonne amie à moi est enceinte. C'est son quatrième, elle bosse à domicile depuis quelques mois seulement, et on a discuté de ça, justement : de la difficulté de concilier la grossesse et le boulot. Et elle fait le même constat que moi : alors que médicalement sa grossesse se passe bien, elle n'arrive plus à travailler, elle se repose toute la journée. Et ça m'a beaucoup rassurée. Je me dis que je ne suis pas la seule, surtout qu'elle c'est une dingue de travail et qu'en général elle ne compte pas ses heures ni l'énergie qu'elle dépense. Alors si elle me confirme qu'elle n'a jamais réussi à être efficace au boulot enceinte, c'est que c'est un phénomène plutôt courant et plutôt normal.

J'ai toujours eu envie et besoin de tout concilier.

D'être parfaite dans tous les domaines, de lancer plein de projets à la fois, de ne pas trop m'écouter. J'ai toujours eu une très haute opinion de mes devoirs et de ce que les autres attendent de moi.

Et si j'étais seulement humaine ? Et si c'était seulement normal et pas grave de mettre le boulot au dernier plan à certains moment de la vie ?

Et si je relativisais, un peu ?