J'ai compris qu'il fallait que j'accepte.

Accepter ces douleurs, qui je l'espère disparaîtront bientôt quand même...

Accepter d'être dépossédée de la maîtrise de mon corps et de la maîtrise de mon quotidien.

Accepter d'être diminuée et se dire que c'est la période qui veut ça.

Accepter que construire la vie se fasse au dériment d'autres petites choses de la vie quotidienne.

Accepter que ce soit comme ça, et se dire que ce n'est pas grave.

Voir les piles de repassage s'entasser et ne plus culpabiliser.

Accepter d'être absente du boulot quand ça ne va pas sans trop culpabiliser.

Accepter de devoir m'absenter pendant quelques mois et laisser de côté cette ambivalence qui fait qu'une partie de moi a envie de faire comme si l'état de grossesse n'existait pas.

Voir qu'autour de moi tout le monde trouve normal que le boulot passe maintenant au second plan, même mes chefs, même mes collègues, et essayer de trouver ça normal moi aussi.

Ne pas m'excuser tous les jours de mon état.

Accepter la somnolence du début d'après-midi parce qu'elle a des raisons physiologiques.

Accepter les douleurs et désagréments comme une contrepartie de cette chance immense de porter la vie.

Profiter de ces petits mouvements à la fois très discrets mais très clairement perceptibles maintenant. Profiter d'être encore la seule à les percevoir.

Réaliser enfin qu'il y a vraiment un petit être en construction dans ce ventre qui s'arrondit.