Entre deux plaintes (je suis fatiguée - j'ai mal au bassin - j'en ai marre de ma minuscule maison je VEUX déménager bientôt - je suis grosse - j'ai rien à me mettre - et c'est pas fini - ne rayez aucune mention), je voulais vous parler de mon périnée.

Si si, tu sais, ce truc dont tu ne connais l'existence que quand tu te reproduis...

Ces muscles, là, tout en bas, même que quand les sages-femmes veulent t'ausculter après l'accouchement, au lieu de dire "je vais regarder votre foufoune" elles te disent pudiquement "je vais regarder votre périnée". Ca fait un peu comme quand t'es gosse, la première fois que le gentil docteur te demande "et comment elles sont tes selles ?", que tu te retournes vers ta mère l'oeil interrogateur et que celle-ci te répond très naturellement "ça veut dire ton caca, ma chérie".

Jusqu'avant ma première grossesse, honnêtement je savais ce que c'était le périnée, mais je pensais être plutôt bien musclée de ce côté-là, je me disais en mon for intérieur "ouais moi, j'aurai pas de souci" (c'est un peu comme quand on se dit "ouais moi, mon enfant il sera cool" ou "je me laisserai pas faire, il fera ses nuits en rentrant de la maternité nanméo").

Pendant ma première grossesse, j'ai eu un petit aperçu des problèmes que peut créer le fait d'avoir un petit habitant sous le nombril, comme dirait Renan.

Vers 6 mois environ, j'ai remarqué en sortant des toilettes, après avoir fait pipi, que je perdais systématiquement quelques gouttes quand je me relevais, une fois rhabillée. Je comprenais pas. Je croyais même que j'avais fissuré la poche des eaux (oui, la femme enceinte est hypocondriaque), j'en avais même pas parlé à la gynéco qui me suivait. Faut dire que mes RV de suivi de grossesse, ça durait trois minutes habillage et déshabillage compris, j'ai très vite été dissuadée de poser des questions, d'émettre des doutes ou de formuler des hypothèses.

Et puis je me suis renseigné un peu, et j'ai lu que pour que l'accouchement soit facilité, il ne fallait pas trop muscler son périnée car il fallait que ce dernier soit souple pour l'expulsion ! Sinon on allait droit à la déchirure avec un périnée trop musclé. J'avais dû lire ça sur des forums, et ça m'avait été confirmé par ma sage-femme lors des séances de préparation à la naissance.

Cool, j'avais donc le choix entre les pertes urinaires ou les déchirures !

Du coup j'ai passé le reste de la grossesse avec mes petites fuites, et puis après, comme tout le monde, j'ai eu un périnée raplapla après l'accouchement, et puis j'ai fait ma rééducation et tout est rentré dans l'ordre, j'étais à nouveau comme une jeune fille qui ignore cette partie de son corps.

Et là, deuxième grossesse, et bonjour périnée ! Je remarque que déjà, à trois mois à peine passés, j'ai des petites gouttes qui coulent quand je tousse fort ou que j'éternue. Ce qui immanquablement donne lieu à des scènes fort étonnantes à base de "attends faut que maman aille très vite aux toilettes là !" en plein milieu d'une lecture de Tchoupi va sur le pot ou de Nine et Milo.

Je sais pas comment tout ça va finir. Au pire, paraît qu'on peut se faire opérer pour mettre une bandelette qui retienne le tout.

Bon, on va ptètre attendre un peu quand même.