Il est de ces réunions (toutes, en fait...) qui te laissent déprimée...

Des heures et des heures assise sur une chaise à faire le pantin, à faire semblant de s'intéresser, à faire semblant de comprendre, à faire semblant d'écouter.

Ecouter réellement, quelques fois, et puis se rendre compte très rapidement qu'on aurait pu arriver au même résultat en une demi-heure au lieu de 4h.

Se concentrer sur ce qui se passe dans son bidon (pas encore grand chose mais je reste concentrée pour ne rien rater !) (ça, c'est intéressant !), et oublier le reste. Voir les mouvements sur les lèvres, observer les regards, prendre de la hauteur et se rendre compte de la mascarade.

Ce rôle que chacun joue.

Sans même s'en rendre compte (moi y compris, hein).

Ces mots inventés, ces mots sans rien derrière, ce vocabulaire d'entreprise et ces postures prise pour "paraître important". Ces réunions qu'on organise pour mettre des batons dans des cases, pour rédiger des rapports que personne ne lira et recommencer tous les trois ans parce que c'est comme ça.

Pourquoi tout ça ? Pourquoi ces rôles ? Pourquoi une personne prend-elle la parole pour nous expliquer pendant 45 minutes l'organisation des "business unit" alors que tout le monde s'en fout ? (franchement y a pas pire terme, pire mots que ces mots anglais pris pour faire style, pour faire société internationale, pour faire "bien"). Pourquoi, alors qu'on pose une question dont la réponse pourrait tenir en une phrase, y passe-t-on une demi-heure ?

Je ressors de cette réunion vidée.

C'est typiquement le genre de moments de ma vie que je trouve totalement inutiles voire néfastes. Une totale perte de temps, une collègue sans intérêt qui te déprime à peine installée dans la voiture, un paysage gris, sombre, des quartiers pauvres et tristes, une usine noire et polluante, des tonnes de déchets sur les côtés, des bureaux vides, des routes, des camions, des postes de garde, des sites SEVESO, des gilets fluo, des casques blancs, des barrières de sécurité.

Je reviens à mon bureau, un sandwich avalé en vitesse, avec une motivation à zéro. Epuisée, vidée, et comme atteinte par ce gris et ces fumées noires qui semblent avoir pris possession de mon cerveau.

Hier j'étais motivée, je me suis sentie utile, j'ai été efficace et j'ai entamé des choses motivantes. Et aujourd'hui, tout fout le camp.

Je suis trop sensible, je me pose trop de questions. Faire, et voir les heures qui passent. Ne pas réfléchir sur le sens qu'a (que n'a pas) tout cela.

Essayer de digérer mon beignet à la framboise et retrouver mon énergie positive, celle qui me fait avancer, celle qui me fait sourire.