Aujourd'hui, j'avais RV à l'hôpital avec la sage-femme qui suit ma grossesse. Après étude de mon dossier, elle devait décider avec le cardiologue si on me donnait un traitement préventif de l'hypertension. Finalement, pas besoin pour l'instant.

Je ne travaillais pas puisque le mardi, c'est le jour où la crèche ne peut pas prendre le Potam.

Donc, quand LeTigre bosse, je ne bosse pas le mardi.

Après une lutte acharnée pour préparer tout ce petit monde (oui juste Potam et moi, mais ce fut épique) (j'ai pleuré sous la douche) (ça doit être les hormones je suis tellement irritable que je ne supporte plus ses bêtises incessantes), nous arrivons enfin à l'hôpital non sans être obligée de chanter sur le CD "les animaux font du sport" (si vous ne connaissez pas je vous le conseille) : "chante, maman !".

Potam veut porter la "pitite valise" (cad la petite malette de maternité), je lui laisse porter, ça lui fait plaisir, il trouve que "c'est igoyo maman !". Du coup, en marchant, il regarde sa valisette et plus ses pieds, et trébuche tous les cinq mètres. Alors que je suis déjà en retard (comment être à l'heure avec un Deux Ans ? Quelqu'un peut m'expliquer ?), nous mettons un quart d'heure à parcourir le looooong (trop long) couloir qui mène au service gynécologie.

J'arrive, et déjà tous les regards se braquent sur lui. Des regards qui veulent dire "oh non un gosse on va plus être tranquille" et puis quand même quelques regards amusés car Potam a déjà fait le tour de chaque personne de ses petits yeux avec un grand sourire et me lance "maman, y a beaucoup de monde ici !" rires de la salle... (j'ai l'impression de faire un show permanent quand je suis avec Potam en public).

Puis, je m'asseois, je lui enlève son manteau, son écharpe, j'enlève les miens. Tout le monde nous observe. Il commence à repérer les lieux, me dit "oh maman ya poubenne (je rappelle que Potam ne dit pas les "L"), mais... qu'est-ce qu'y a dedans ???", va voir, grimpe sur la table basse, puis me rejoint, monte sur le fauteuil à genoux et commence son plan drague avec les dames (des mamies) de derrière, trop contentes. Et vas-y qu'il leur fait des sourires, leur dit "bouzou madame !" me demande "qui c'est ça maman ?" et puis leur dit "a beaucoup monde ici madame", etc... Les mamies, trop contentes, entament la conversation. Et comment tu t'appelles ? et quel âge as-tu ? et puis c'est reparti avec la rengaine de ces derniers jours "mais... qui a fermé le rideau ? C'est guignol ! Et après, recommencer !", ...

Et puis, une dame part avec un médecin, moi je parle à la sage-femme pour lui dire que je suis là, et nous attendons encore mais nous changeons de siège. Une maman avec deux petites filles d'environ 3 et 5 ans entre et s'asseoit. On n'entend pas les gamines. Pas un mot. Elles sont assises, sages, ne bougent pas et ne disent rien. Elles tournent parfois la tête pour observer Potam qui essaie de dragouiller mais se prend des vents... Il leur tourne autour, fait le pitre, tourne sur lui-même, court, s'en va puis revient et dit "Potam est revenu !". Il s'aventure dans les bureaux des infirmières, saute à pieds joints, tourne ses bras très vite avec ma malette à la main, bref il fait du bruit, gigote et touche à tout. Et moi, tant bien que mal et ne faisant pas attention à tous ceux qui nous regardent, je n'arrête pas "viens ici", "ne touche pas à ça", "calme toi", "assieds-toi", "reviens", "ne touche pas j'ai dit !", "laisse la dame", "laaaaaaissssseuuuuh la daaaaaaaaaaaaame j'ai dit !".

Et puis il remarque que la fille à côté de moi a la même malette que moi. Il la regarde et d'un air courroucé lui lance "c'est à maman, ça !". Elle sourit à peine, je crois qu'on la gave (et je la comprends) (mais que faire, je ne peux pas museler mon petit diablotin...), et moi j'essaie "mais non, on a la même, regarde, la mienne est là".

Pffff... C'est long...

On attend encore.

Puis c'est mon tour. On entre dans le bureau, j'asseois Potam sur une chaise et lui dis "tu restes là, tu écoutes, tu ne bouges pas et tu ne touches à rien". Mais il balance ses jambes dans le bureau, appuie sur le clavier avant que j'aie eu le temps de retirer sa main, et me dit toutes les trois secondes : "maman on z-y va ?".

Et puis, enfin, c'est fini et on rentre. Il est 10h50 et j'ai l'impression d'avoir couru un marathon depuis 7h, heure de son réveil...

 

En-dehors de son hyper-activité habituelle, il est très difficile en ce moment et je ne sais plus comment réagir, entre douceur et fermeté... Trop de fermeté ne sert à rien, il se rebelle, et pas assez non plus, il devient un petit tyran. D'habitude je n'ai aucun problème pour trouver le juste milieu qui nous convient à tous, mais là je suis dépassée.

Il est ingérable, il enchaîne les bêtises, il rit quand je dis non, alors je gronde tout le temps, pour tout, c'est insupportable pour lui comme pour moi.

Je suspecte la trouille liée à l'arrivée du bébé, trouille que je l'abandonne, trouille que je ne l'aime plus, du coup il fait tout pour attirer mon attention de toutes les façons possibles. C'est de la psycho de bas-étage mais c'est peut-être ça. Alors j'essaie de lui parler mais il ne veut pas écouter, il tourne la tête, fait autre chose. Je répète en espérant que ça rentre quand même.

Je répète "l'arrivée du bébé ne changera rien, je t'aimerai toujours", et encore "je ne t'abandonnerai jamais, tu seras toujours mon petit poussin, mon petit trésor". Je ne sais pas s'il entend.

Entre son comportement insupportable et mon irritabilité du fait des hormones, c'est vraiment dur...