Hier, j'ai fait mon échographie du troisième mois.

Et tout va bien.

Une gynéco douce et gentille, qui explique, qui prend son temps, qui nous laisse apprécier.

Un grand écran tout pile en face de moi.

Une écho sur le ventre. La première depuis longtemps. La première depuis la dernière pour Potam. La première de trois échos magiques, la plus émouvante peut-être, car on y découvre enfin que OUI, il y a bien un VRAI bébé qui gigote là-dedans.

Ca fait à peine 11 semaines qu'il s'est installé, et déjà il a tout d'un grand. Un petit visage dont on a aperçu le profil (même si à ce stade, les traits du visage sont très imparfaits car encore en cours de construction), des mains et des pieds qui bougent, un petit coeur qui bat.

Les nausées qui ont disparu progressivement depuis la semaine dernière, qui ne sont plus qu'un mauvais souvenir même si je me sens parfois encore un peu écoeurée.

La fatigue toujours présente, car je dors mal, mais ce n'est plus la même fatigue. Finie la fatigue insurmontable qui cloue allongée, qui empêche, qui handicape, qui donne envie de pleurer quand on ne peut pas dormir.

J'ai à nouveau de l'énergie à consacrer à mon Potam, mon grand Potam qui n'a plus de couches, mon grand Potam qui a compris en une journée la propreté et qui kiffe la mise en pratique. Qui se balade, fier comme Artaban, avec son petit boxer qui moule son ptit cul. Je le croquerais bien moi, ce ptit cul... Mon grand Potam qui s'essuie tout seul le zizi avec une feuille de PQ mais qui ne sait toujours pas remonter son pantalon... Qui verse consciencieusement le contenu de son pot dans les toilettes, le pantalon encore aux chevilles. Qui lit dans son caca : "oh ! des pitites boules !" puis "oh ! un serpent !" et la fois d'après "oh ! un crocodile !"...

Mon Potam qui a retrouvé sa maman, une maman en forme(s) qui arrive à s'occuper de lui sans pleurer d'épuisement.

Mon Potam qui ferme brusquement le livre "maman attend un bébé" quand la petite soeur de Tchoupi arrive...

Il fait beau. Un grand soleil dans le ciel, pas un souffle de vent, comme le reflet du temps qu'il fait dans mon coeur de maman qui commence déjà à s'agrandir, à grossir. Qui commence (et c'est tout nouveau) à faire une petite place à ce petit être qui grandit dans mon ventre, un petit être différent de Potam, que je ne connais pas, qu'il faudra apprivoiser petit à petit. Qui va faire de moi une maman différente, qui va faire de nous des parents différents, qui va faire de Potam un grand frère attentionné (ça j'en suis sûre, comme il l'est avec les bébés de la crèche : "chuuuut pas pieurer bébé. C'est tout. Maman partie à courses. Bisous bébé").

Aujourd'hui marque la fin du secret.

La grossesse va pouvoir se dire, se montrer.

Bientôt je le sentirai bouger (je crois que je perçois parfois ses mouvements, mais je les confonds encore avec des gaz..), bientôt je ferai la fière dans mes robes avec mon ventre rond.

Contrairement à ce que je ressens dans mon corps, j'assume beaucoup mieux mes rondeurs par rapport aux gens. Je mets des vêtements moulants pour aller au resto en espérant qu'on remarque ce petit bidon bien rond... Pour Potam je l'ai caché longtemps ce bidon, même aux inconnus, j'avais du mal à l'assumer.

Ca y est, c'est parti. C'est vraiment parti.

Je vais pouvoir enfin investir cette grossesse dans mon esprit, dans mon coeur et dans mon corps.