Je crois à fond à la loi des séries.

Cette loi plus ou moins universelle et qu'on a tous souvent constatée, à propos de choses insignifiantes ou de moments importants de la vie.

Par exemple, un matin vous vous levez du pied gauche, vous faites tomber votre boucle d'oreille préférée dans le lavabo, vous ratez votre maquillage, vous brûlez vos tartines grillées et vous vous retrouvez derrière le camion poubelle à peine sortie de chez vous. Ca, c'est la loi des séries.

Mais aussi, on a tous en tête l'exemple de ces gens à qui il arrive l'horreur et devant l'histoire desquels on se dit "ça ne m'arrivera jamais", parce que ça paraît trop gros. Le type qui est trompé par sa femme, qui divorce, qui perd son boulot, qui apprend qu'il a une grave maladie et qui finit dans la rue.

Ok, j'ai pris deux exemples totalement extrêmes.

N'empêche que moi, je crois à cette loi qui fait que quand une merde arrive dans ta vie (merde plus ou moins grave), tu peux être sûr que tu vas les enchaîner. A contrario je crois aussi beaucoup à la "loi du bonheur" : quand une belle chose t'arrive, en général elle n'est pas seule.

Ce qui fait qu'on a tous, à des degrés divers, l'impession que telle année était pourrie sur tous les plans, que telle autre était une année de rêve, une année où tout s'est bien goupillé.

 

Il y a peu de temps (quelques semaines), j'avais l'impression d'être dans un cercle infernal, dans la loi des séries négative. J'enchaînais les mauvaises nouvelles, les crises, les petits ennuis de santé, les difficultés.

Rien de grave, mais cette impression qu'on en chie.

Que rien de bien ne nous arrive.

Que chaque pan de la vie est en galère, est compliqué.

On avait déménagé, ce qui en soi était un truc positif, mais ensuite et en chaîne il avait fallu faire face à la difficile adaptation du Potam et à de nombreuses nuits pourries (ça semble s'améliorer nettement depuis quelques semaines), ma grosse difficulté d'adaptation au boulot et cette impression que je n'y arriverai jamais, notre grosse crise de couple et toutes les remises en cause qui lui ont succédé, la déprime du début de l'hiver dans notre toute petite location à la déco défraîchie, la fausse couche, l'opération de la foufoune pour un bête abcès à crever.

J'en étais vraiment arrivée à me dire que depuis le déménagement il ne nous était arrivé que des tuiles, que peut-être on n'aurait pas dû déménagé, qu'on allait être plus malheureux qu'avant, que ç'avait été LA mauvaise décision qui nous entraînait irrémédiablement vers le malheur (mais non, je n'exagère jamais...).

Et puis, "la chance" a tourné.

Je suis tombée enceinte une nouvelle fois.

Et cette grossesse était évolutive.

Et puis on s'est mis à chercher des maisons et à en voir des belles qui nous plaisaient, à s'imaginer une jolie vie dans un coin agréable.

Et puis Potam s'est remis à faire de bonnes nuits et à se réveiller à une heure acceptable.

Et puis Potam est sorti de sa crise d'opposition systématique. On n'est peut-être pas totalement sortis de l'auberge, mais les journées sont plus agréables, on entend à nouveau "oui maman", "oui ok maman", et il obéit. Truc de fou : il OBEIT.

Bref.

Et aujourd'hui, cette visite. Alors qu'on ne l'attendait plus, cette maison qui nous plaît dans la commune où on habite et qu'on pensait devoir quitter faute de trouver ce qu'on voulait.

Cet accord immédiat, entre LeTigre et moi. Cette fébrilité avant la prise de décision. Cette excitation. Cette offre qu'on a faite. Cette attente de savoir si elle va être acceptée.

Et puis, dimanche, il y a l'échographie du troisième mois.

Alors j'aime croire, que la loi des séries a frappé, et qu'après toutes ces choses positives arrivées en peu de temps, on ne peut avoir que des bonnes nouvelles dimanche...

(oui une écho un dimanche... La faute à une annulation de RV en dernière minute et à une gynéco sympa qui récupère les RV de sa collègue sur sa garde du WE...)