J'en peux plus.

Deux ans de couchers catastrophiques, deux ans à laisser pleurer, y retourner, câliner, calmer, expliquer, revoir les rituels, mettre des mots, laisser une veilleuse, la reprendre, laisser la porte ouverte, la fermer, changer l'orientation du lit, enlever les barreaux, mettre une couette, lire des histoires, rien n'y fait.

Où que l'on soit et quelles que soient les circonstances, Potam fait des colères mémorables à chaque coucher. Le soir ET à la sieste. TOUS LES JOURS. TOUTE L'ANNEE.

Au début on ne comprend pas, on se pose des questions.

Ensuite on essaie des trucs. Plein de trucs. On décale les heures de coucher, on change la constitution du dîner, l'heure du bain, on tente.

Après, on accepte et on se dit "ça passera" et on porte notre croix, tous les soirs, toutes les siestes.

Parfois, on pète les plombs. L'heure du coucher arrive et on se sent incapable de faire face à la crise inévitable. Parfois on n'a même plus envie de raconter l'histoire, de câliner, car on sait qu'une minute après, tout volera en éclat au milieu de la colère, du refus, du caprice, des cris.

Parfois, Potam demande de lui-même à aller se coucher. On saute sur l'occasion, on n'attend pas. On pense que si ça vient de lui, ça se passera bien. Mais non. Tant qu'on est avec lui, qu'il n'est pas au lit, ça va. Dès que l'heure d'aller au lit approche, il court partout, se cache, il faut l'obliger, le porter, lui courir après, le mettre de force dans son lit, il se relève une fois, deux fois, dix fois et on recouche une fois, deux fois, dix fois. On gronde et il finit par rester dans son lit. Debout. Et il saute, il secoue son lit, il jette son doudou, balance sa couette par terre. Quand on quitte la chambre en lui disant "tu te calmes tout seul, quand la colère sera finie je reviendrai te border et te faire un bisou", il se met à hurler. De colère, de fierté, de vexation, il crie. Pleure. Hurle des propos plus ou moins cohérents, essaie de nous faire revenir avec ses stratagèmes depuis longtemps démasqués "veux de l'eau !", "nez couille !", "mouillé body !", "arrive pas à mettre couette !", "ouvrir la porte !", "non fermer la porte !", "pas éteint en-dessous !", "a voie plus rien !", et bien sûr les chantages affectifs "un câlin maman !", "encore un bisou !" le tout en hurlant comme si sa vie en dépendait.

TOUS

LES

JOURS.

J'ai essayé la méthode du laisser pleurer progressif, d'abord 5 minutes, puis 10, puis 15, puis 20. D'abord, ça prend une plombe parce qu'évidemment ce n'est pas à la première fois qu'il se calme. Et puis ça a marché une fois, au bout de quelques jours à s'y tenir, mais ça n'a pas duré. Trois jours après, il a recommencé, on a retesté la méthode mais même en le laissant pleurer 20 ou 25 minutes ça ne marche pas.

Alors on laisse pleurer un moment (il faut que la colère se fasse, ça on y a jamais coupé, à part pendant 3-4 mois vers 18 mois où il se couchait sans rien dire, période bénie dont on a du mal à se rappeler), puis on y retourne, on reste à la porte, on demande s'il est calmé et s'il dit non on le laisse encore un peu et on recommence jusqu'à ce qu'il dise de lui-même que la colère est finie. Alors, on sait qu'on peut venir lui mettre la couette, lui faire un petit câlin, et c'est bon.

Est-ce qu'un jour cet enfant se mettra dans son lit sans hurler ? Est-ce qu'un jour cette lutte va cesser ? Je ne me demande même plus comment, mais quand ?

Je désespère de trouver une solution, d'ailleurs je n'ai pas l'énergie d'y réfléchir, de tester, on l'a déjà trop fait, maintenant c'est tout. Il a besoin de faire sa colère, il la fait, mais perso c'est sans moi, ça ne m'intéresse pas. Il le sait, de toutes façons. Je lui ai déjà dit, que tant qu'il était en colère je le laissais tout seul mais que dès qu'il avait fini il pouvait m'appeler pour un câlin. Comme ça il ne s'endort pas en colère, il s'endort apaisé, c'est la meilleure solution que j'ai trouvé pour l'instant.

Et cette impression d'être les seuls à vivre ça...

Ces témoignages de nos proches quand ils assistent à la scène "non mais c'est bizarre, nous on n'a jamais eu de problème pour le/la/les coucher". Et une envie de meurtre "bah alors, TA GUEULE !" non mais c'est vrai, sont chiants ceux qui ont des enfants parfaits nanméo !

Il va voir, le Potam. Il va voir QUI est le plus têtu. Aujourd'hui pour la sieste j'ai insisté, leTigre s'est - pour une fois - rangé à mon avis : on l'a laissé hurler on y est pas retournés. Il a fini par s'endormir au bout d'une vingtaine de minutes. Mais ce n'est pas satisfaisant. C'est frustrant. Enervant. Horripilant.

Et puis certains nous disent "oui mais la sieste, c'est moins important, s'il ne veut pas dormir, n'insiste pas, laisse le dans son lit avec un livre il se repose et c'est tout" ! mais non.... pas question... D'abord le concept "calme dans son lit avec un livre", c'est un truc même pas pensable avec lui... et puis il a besoin de beaucoup de sommeil, et quand il n'a pas son quota il est pénible. Il chouine, il boude, il ne veut rien, il se traîne par terre, le gosse chiant et fatigué quoi... Donc, la sieste, c'est obligé. Ce n'est pas lui qui va décider à deux ans. Pas question. Si vraiment il n'en avait pas besoin, s'il était en forme sans sieste, ce serait autre chose. Mais là, non.

Il faut que le problème soit réglé à l'arrivée du deuz sinon ça va pas le faire...

On pense l'emmener chez un pédopsy. Je ne suis pas sûre que ce soit efficace mais on verra bien, on n'a pas grand chose à perdre à essayer...