Avec un bébé, chaque jour, on s'adapte.

Il n'y a pas de recette miracle, pas d'astuce qui marche pour tous, ni à tous les coups. On prend les conseils à droite à gauche, surtout au début, et puis rapidement on fait fi des recettes des grands-mères, des tantes, des cousines ou des copines parce qu'aussi précieux que soient ces conseils, ils ont marché à un moment donné avec un enfant donné. Et ça ne marche pas avec le nôtre.

Alors on essaie, quand même, une fois ou l'autre.

La maternité se réinvente chaque jour, et c'est ce qui est à la fois usant et captivant.

On se découvre maman, on chantonne des berceuses dont on ne connaît plus les paroles et qui évoquent de doux moments passés... on transmet, l'air de rien, ce qu'on a reçu.
On invente, on crée, on copie un peu, on y met sa touche personnelle. On crée, parfois inconsciemment, des moments tendresse qui deviendront des rituels qui apaisent. Une chanson, une caresse sur la joue ou un gratouillage dans le dos, une petite phrase ou un ton, simplement, que l'on reproduira indéfiniment.

Il y a ce qui dure.

Ce qu'on crée et qui reste, toujours. Ces moments gravés qui se reproduisent, toujours de la même manière, dans la façon de porter, la façon de bébé de se lover, un triturage de mèche de cheveux, toujours le même, un geste reproduit cent fois comme une assurance d'amour. Tout peut s'écrouler, il reste ce petit geste si fort entre la maman et le bébé, connu d'eux seuls, ce geste qui apaise...

Mais le reste...

... les paroles, les actions, les réactions, elles doivent sans cesse être renouvelées.

Un jour on réalise qu'on parle différemment à bébé. Parce qu'il grandit. Parce qu'il est nécessaire d'ajuster les mots utilisés, le ton, pour être raccord avec ce qu'il perçoit et comprend.

Un jour, on s'écoute parler et on se rend compte qu'on ne parle plus à un bébé, mais à un petit enfant, qui, même si ce sont les balbultiements, commence à raisonner. A écouter. A comprendre. A faire des rapprochements. A dire, aussi et surtout.

Alors qu'avant, on ne faisait que deviner ce qu'il pouvait ressentir, maintenant on pose des questions et on écoute (décrypte parfois !) la réponse. Et on les découvre, encore une fois. On découvre une partie d'eux qui nous était inconnue...

Cette façon qu'a le Potam d'appeler son père dès qu'il a fait quelque chose, pour lui montrer. Pour entendre "bravo" ou "c'est bien". Il finit son assiette, il appelle son père et le lui montre. Il met une chaussure de maman, il appelle son père, tout fier.

On se surprend à expliquer, mieux et plus qu'avant, parce que maintenant on sait ce qu'il comprend et ce qu'il ne comprend pas. On répète avec des mots différents, on gronde et on explique, on demande "pourquoi ?" quand il dit "non", on explique "pourquoi" quand on dit "si".

Notre bébé est devenu un petit garçon. Etre maman d'un bébé, on savait faire. Maman d'un petit garçon, on ne sait pas encore. On tatonne. On découvre. On teste. Il teste.