En ce moment je suis tendue.

Stressée.

Sur la défensive.

De mauvaise humeur.

Le moral qui fait des vagues, mais surtout vers le bas.

Je sais pourquoi, ce changement de vie qui va se décider aujourd'hui, ou pas. Quelques jours que ça me travaille, et si ça se fait, j'ai pas fini de stresser. Trouver un logement, trouver une crèche ou une nounou, vendre la maison, etc...

Un gros stress, et plein de petits stress au quotidien car j'ai les nerfs à vifs...

 

Rester quinze minutes en soutif devant mon armoire, à pas pouvoir m'habiller. Rien à me mettre, rien qui me va, rien qui est propre, rien qui n'est assez chaud, rien en définitive, qui correspond à mon état d'esprit du jour.

Il me faut du moelleux, du chaud, du doux, du confortable, du réconfortant.

Regarder l'heure qui tourne et mon reflet dans le miroir, toujours à moitié nue.

Ne pas avoir le temps de faire mon brushing, me sécher les cheveux la tête en bas et oublier de mettre des boucles d'oreille...

Ne pas être descendue chercher le Sling car je suis en retard, prendre Potam dans mes bras, Potam qui aime y rester un moment, le matin. Potam qui aime passer de sa gigoteuse chaude au confort du Sling, blotti dans mes bras, pour ouvrir les volets, dire bonjour à la maison, préparer son bib.

Tout faire d'une main pendant que mon bras gauche devient tout dur avec 10 kg dessus (et 10 kg qui gigotent).

Mon pull fin et un peu large, tout doux, gris clair, que j'aime tant, qui fait de vilains plis car je porte Potam sur la hanche.

Potam qui tire sur la boucle d'oreille que je suis quand même remontée chercher.

L'énergie qui me manque, ce matin, pour me dépêcher, pour porter Potam.

Me rendre compte que je vais lui communiquer mon stress.

Essayer de me calmer, de lui faire des bisous, des sourires, de lui parler alors que c'est la débandade dans mon cerveau.

Voir qu'il reste seulement un quart d'heure pour finir de déjeuner, ranger, mettre les gamelles dans les sacs, habiller Potam, changer sa couche pleine de caca, mettre les chaussures et les manteaux et surtout, ne pas s'énerver parce qu'il ne veut pas lâcher son morceau de craquotte et que ce dernier ne passe pas par la manche du body...

Allumer le moteur, Potam arnaché dans son siège, et voir l'heure sur le tableau d'affichage.

Dire "et merde", comme chaque matin...

Après avoir déposé Potam, me retrouver derrière un camion-école qui roule à 20...

Attendre 10 minutes au stop car il y a toujours quelqu'un d'un côté ou de l'autre. M'entendre hurler toute seule dans ma bagnole "mais putain, on peut passer oui !"

 

Me détendre...

Souffler....

Ne pas y penser...

Arrêter de cliquer sur "relever" toutes les trente secondes dans ma messagerie. Respirer...