colopathie-fonctionnelle-symptomes

Ce soir, enfin, je suis allée chez le médecin pour lui parler de mes maux de ventre.

Il m'a écoutée, il a posé des questions, il a noté.

Puis il m'a examinée. Il a halluciné sur l'état de mes intestins (c'était un jour à symptômes "classiques" : gros ballonnements, un peu de douleurs mais pas trop aiguës), les boules qu'il sentait de tous les côtés, les bruits digestifs, les gaz, que des trucs trop classes.

Il m'a demandé comment était mon caca et combien de fois par jour etc... C'était une discussion très enrichissante ;-)

Il m'a appris que ce que je prenais pour de la diarrhée était en fait une fausse diarrhée et que je suis constipée. Je suis tombée des nues. J'ai les intestins pleins... La diarrhée est occasionnée par les glaires et l'eau dans les selles à force de la lenteur de mon système digestif.

Il a nommé ce que j'ai : "colopathie fonctionnelle".

Voilà, pour la première fois j'ai un diagnostic. Un mot. Une maladie.

J'ai une maladie et ça me fait du bien de le savoir. Il y a une raison à mes maux. Il confirme que c'est une maladie très sensible aux variations psychologiques, stress et émotions. Et c'est vrai que je suis très émotive, et que la moindre contrariété ou le moindre stress augmente sensiblement les symptômes. Mais la maladie n'est pas causée par le stress.

C'est une maladie bénigne. Très handicapante et désagréable, mais heureusement bénigne et qui n'engendre pas de cancer du colon. Je me posais sérieusement la question, car à force d'avoir mal au ventre tous les jours je me disais que mon colon et mes intestins devaient quand même bien morfler. Me voilà rassurée.

Une maladie bénigne, mais incurable. Comprenez par là, non pas que je vais mourir, comme le sens commun de ce mot le laisse croire, mais qu'on ne peut pas guérir. Je l'aurai toute ma vie. Youpi.

En fait "colopathie fonctionnelle" signifie qu'il n'y a pas de lésion sur les intestins, mais que ceux-ci ne fonctionnent pas normalement. Selon les gens, les jours, les crises, le transit peut être trop rapide ou trop lent, et occasionner diarrhées et/ou constipation, mais surtout ballonnements, gaz, crampes, gonflements et une évacuation jamais totale des selles.

La classe, quoi.

Côté traitement, pas grand chose.

De quoi me soulager un peu, temporairement. A terme, je ne sais pas.

Un médicament à prendre tous les jours pendant trois mois, qui devrait grandement me soulager en deux ou trois jours. Des granulés à avaler avec de l'eau, un sachet le soir avant le repas.

Et puis, sinon, l'hygiène de vie, pour essayer de limiter au maximum les gênes. Manger à heures fixes, ne pas parler en mangeant, bien mastiquer, manger lentement, aller aux toilettes à heures fixes, faire du sport (du quoi ?), boire beaucoup d'eau, limiter les excitants (thé, café), et surtout, limiter l'apport en aliments difficiles à digérer.

Limiter certains fruits et crudités, préférer les légumes cuits, les compotes, ou manger les fruits en-dehors des repas pour mieux les digérer. Limiter les pommes et les poires qui contiennent beaucoup de fructose. Préférer les viandes maigres et les poissons grillés, en clair limiter les matières grasses, les laitages (ça tombe bien ! voilà pourquoi le régime sans PLV m'a soulagée), le pain et tout ce qui fermente (légumes secs, artichauts, chou fleur etc...).

Globalement, depuis des années que j'ai mal au ventre, je connaissais d'instinct toutes ces recommandations car j'avais bien remarqué ce qui me faisait plus mal. Après, il faut arriver à les respecter au quotidien, c'est plus difficile. C'est seulement un idéal vers lequel tendre, pour être mieux. Aucun aliment n'aggrave la maladie, aucun régime ne la guérit. Simplement, respecter des règles de base afin de limiter les gênes et douleurs.

 

Voilà.

Rien de bien nouveau car j'étais presque sûre que c'était ça. Au moins maintenant, j'ai un diagnostic.

Ca ne va rien changer à ma vie, et sauf si j'arrive vraiment à respecter une hygiène de vie irréprochable, condamnée à ce que les mots "mal au ventre" fassent toute ma vie partie de mon vocabulaire...

N'empêche qu'il m'a fait deux super compliments qui font bien plaisir : il m'a dit d'abord, en me palpant le ventre "oui ben avec vous c'est facile, y a pas de graisse".

Et puis il a écouté mon coeur et pris mon pouls, et a trouvé que mon coeur était dans une santé impressionnante : 50 pulsations/minutes. Un coeur de grand sportif, on me l'avait déjà dit :-) (dommage qu'il ne soit pas mieux mis à profit !). Je lui ai dit qu'à cause de mon émotivité, j'avais souvent des palpitations, à quoi il a répondu que parfois les bêtabloquants étaient hyper efficaces pour traiter plusieurs de mes symptômes, mais que vu mon pouls il ne se risquerait pas à m'en prescrire "ce serait dommage qu'on arrête votre coeur, hein !".

Bon bref, voilà. Je suis un tout petit peu déçue, malgré tout je crois que j'aurais préféré des examens plus poussés, et qu'on me dise que j'avais un truc qui se soigne et hop, plus mal au ventre. Ben tant pis, tout cela ne fait que confirmer mes intuitions...