Aujourd'hui, j'avais pris ma journée.

Je sais, je suis en congés demain soir, mais quand même.

Il fallait que j'aille voir ma copine C. qui a accouché il y a trois semaines, et dont je n'avais toujours pas vu la toute nouvelle petite fille.

Ma copine qui a maintenant trois enfants (6 ans, 3 ans et 3 semaines).

Vacances scolaires obligent, elle doit occuper son congé mat à gérer son tout petit bout de chou, se remettre de la césarienne, essayer de gérer son allaitement avec crevasses et mastites, et gérer aussi ses deux aînés pendant que le papa travaille.

Et moi je dis, même si les PMettes qui me lisent encore (et au passage merci mille fois à elles de venir toujours ici) vont se dire "elle au moins, elle a des gosses", et elles auront raison, c'est quand même pas une période très facile. Ma copine C. est hyper heureuse d'être une maman comblée, elle se rend totalement compte de sa chance, n'empêche, c'est physiquement un peu dur pour elle en ce moment.

(et accessoirement j'ai deux copines qui ont accouché pendant les vacances d'été et quand t'as un preum's, ben en fait c'est pas une bonne idée. Note pour plus tard. Quand les aînés vont à la crèche-à l'école-chez la nounou, c'est quand même mieux pour se reposer d'un accouchement)

Du coup, j'y suis allée pour lui rendre visite, mais aussi et surtout pour essayer de la soulager, quelques petites heures.

Aujourd'hui donc, je n'ai été qu'une maman. Plus une femme, plus une épouse, juste une maman qui aide une autre maman.

Et franchement, même à deux, gérer une petite puce de 3 ans (l'aîné n'était pas là), un bébé de 10 mois fatigué qui refuse de faire la sieste et un nouveau-né, c'est sport !!!


Je me suis occupée de la toute nouvelle petite fille et j'ai beaucoup aimé !

Pour une fois, avoir un nouveau-né dans les bras sans jalousie, sans amertume, sans me dire "mais pourquoi c'est pas le mien...".
La première fois que je porte un nouveau-né autre que le mien, depuis que je suis maman.

Avant, je détestais qu'on me propose de prendre dans mes bras un nouveau-né. J'étais mal à l'aise. Autant par rapport à la douleur de ne pas pouvoir le vivre, que par rapport à ma non-expérience.
Là, c'était différent.
J'étais à l'aise, je connaissais les gestes, les paroles, les réflexes de le bercer en le portant contre soi et en tenant sa toute petite tête.
Ce bébé m'a paru minuscule, j'avais l'impression d'avoir dans les bras un tout petit prématuré fragile, alors qu'elle faisait 3,2 kg à la naissance, donc un bébé tout à fait dans la norme et même plus grand et plus lourd que mon Potam au même âge... Et pourtant. En regardant mon Potam assis par terre à râler hurler jouer avec sa poto, je le trouvais immense et énorme ! Alors qu'à la maison d'habitude je le trouve encore tout petitout !

A un moment, C. était allée tirer son lait (souvenirs, souvenirs...), j'ai dû gérer les trois pendant une demi-heure, j'ai adoré ! je me suis sentie toute puissante ! Par contre c'était vraiment sport et heureusement que ça n'a pas duré plus longtemps !

Finalement, contrairement à ce que je pensais, m'occuper de ce tout petit bébé ne m'a pas donné envie d'avoir un deuz. Je pense que ça viendra, mais pour l'instant.... pffff.... je profite tellement de mon Potam avec qui je communique tellement, voir un tout petit truc qui se tord, qui fait des grimaces sans te voir, qui bouffe et qui dort et qui pleure bah.......... comment dire..... plus tard, hein ???
Pourtant quand même, la voir s'apaiser dans les bras, blottie en grenouille contre moi, ça m'a rappelé de super souvenirs.

En fait je crois que c'est quand même pas pareil quand c'est son bébé. Quand c'est le tien contre ta poitrine, tu es mortifiée d'amour, tu te dis "mais c'est diiiiiiiiiiiiiiiiiiiingue c'est vraiment MOI qui ai fait CA ???????????? Il est boooooooooooooooo !", mais là, j'étais contente de la porter, c'était sympa, mais je regardais mon Potam en me disant "quand même c'est vachement plus sympa un bébé de 10 mois...".

Bref, j'ai passé une journée très fatigante mais super sympa.

Et là je me suis dit que j'étais vraiment dans un autre monde.

Je me suis dit que si j'étais toujours dans l'attente, je n'aurai pas pu vivre tout ça, j'aurais pu y aller, voir les petits, mais je n'aurais jamais vécu les choses comme ça. Cette abnégation dont on est capable quand on est maman, mettre tous ses besoins et désirs de côté pour de petits gnomes hurlants, ça m'a semblé totalement naturel aujourd'hui, ça m'aurait semblé insupportable avant.

Et au final, ben quand on n'a pas d'enfant, on n'est pas dans le même monde que ceux qui en ont. On en est exclu. De fait.
Et aujourd'hui quelque chose en moi aurait voulu être encore un peu dans ce monde dans lequel j'étais il n'y a pas si longtemps, ce quelque chose était triste pour celle que j'étais avant, et donc pour toutes nos copinautes dans l'attente, tout en étant trop contente d'être dans celui d'aujourd'hui. Et on n'y peux rien. Quand on est maman, on ne PEUT pas emmener celles qui ne sont pas dans notre monde. Et on ne PEUT pas non plus être dans celui d'avant. C'est con, ça ne se décide pas, ça ne se maîtrise pas, c'est comme ça. C'est pour ça qu'il y a et qu'il y aura toujours un fossé entre un couple qui n'a pas d'enfant et un couple avec enfant. Sauf si les enfants sont couchés ou absents, et là, on revient tous dans le même monde (enfin sauf ceux qui ne savent pas parler d'autre chose que de leurs gosses, y en a).

Bon ben... je vais me coucher hein.

Et dans trois jours, je PARS EN VACANCES !!!

Et dans trois jours, je VAIS VOIR MA GIGI !!!

 

(et au fait, ai testé aujourd'hui le siège auto face à la route : trop bien !!! putain, c'est donc possible de faire de la route avec un gnome qui n'hurle pas ???? il a A-DO-RE !)