Derniers jours.

Derniers jours de boulot avant les vacances, les vraies vacances, les grandes vacances, celles où on va à la plage, celles où on espère le soleil, celles où on emmène maillot de bain, parasol et crème solaire.

Derniers jours de mi-temps aussi.

Le 1er septembre officiellement, je passe à 80%. Concrètement, le 20 septembre à mon retour au boulot.

Dernières matinées avec mon Potam.

Derniers moments où il n'y a personne d'autre que ses parents dans le quotidien de mon bébé.

Derniers jours (vacances mises à part) où on n'a pas à le réveiller le matin, où il dort tant qu'il veut.

Bientôt, on va faire comme tout le monde, je vais faire comme toutes les mamans ou comme beaucoup en tout cas, réveiller mon petit loup le matin après m'être préparée, me dépêcher de lui donner son bib, de l'habiller, et le déposer chez la nounou à 8h30 avant de partir bosser une journée entière. Bosser de 9h à 17h30 et rentrer retrouver mes hommes après que LeTigre sera allé chercher le Potam.

Un nouveau rythme à trouver. S'adapter. Le laisser à une autre et être confiante. Se dire qu'on fait le bon choix. Ne pas écouter cette petite voix qui nous dit que c'est stupide d'aller bosser tout en dépensant de la thune pour faire garder bébé. Se souvenir qu'heureusement, mon salaire est 4 fois supérieur à ce qu'on va donner à la nounou. Se souvenir aussi, que là-bas Potam va rencontrer d'autres enfants, se faire des petits potes, jouer toute la journée, être avec une personne douce et dynamique qui va s'occuper de lui différemment de moi, et qu'il tirera de tout ça beaucoup de choses.

Depuis quelques jours, il me joue le bébé fusionnel. Dès qu'il est un peu fatigué, il quémande MES bras (pas la mamie, pas le papa, pas le papi, pas les tatas ou tontons, c'est MAMAN !), se blottit, me serre, me fait des caresses sur le bras et pose sa bouche sur ma peau comme pour faire des bisous. Ecoute quand je lui parle doucement en faisant des petits "mh" entre mes phrases. Parfois j'ai l'impression qu'il comprend tout ce que je lui dis.

Ce WE, nous étions dans ma belle-famille. Dimanche nous avons vu beaucoup de monde, des tontons, des tatas, des cousins et cousines de 8 à 12 ans qui crient, qui jouent au ballon, qui jouent à la poupée avec le Potam, beaucoup de bruit, la télé en fond, les jouets musicaux, les voix qui portent, les autres qui parlent plus fort car on ne les écoute pas, et mon Potam qui crie, qui râle car il est mal. Au moment de se coucher, encore du monde dans la baraque. Il crie. Il s'énerve. Il n'arrive pas à dormir. D'habitude, je n'y retourne pas. Il finit toujours par trouver le sommeil assez rapidement après quelques petites minutes de pleurs. Mais là, non.

Je monte dans la chambre, je le prends dans mes bras, je le câline. On reste dans la chambre, dans le noir, dans le calme, et j'attends avec lui que les derniers s'en aillent. Je lui explique que je sais ce qu'il ressent, qu'il y a beaucoup de bruit, que moi non plus je n'aime pas ça et que je comprends. Que maintenant tout va être calme et qu'il va pouvoir se reposer. Je parle doucement, il est blotti contre moi, la tête sur mon épaule, je lui caresse le dos du bout des doigts et il répond à chacune de mes phrases.

Je le repose dans son lit, il se remet à hurler. Deux secondes. Puis se calme et s'endort immédiatement.

Et là je me dis, nounou ou pas nounou, j'aurai trois jours entiers par semaine pour lui, et toutes mes soirées, c'est MOI sa maman et c'est dans MES bras qu'il trouvera toujours du réconfort.

Elle ne m'enlèvera rien. Elle sera une autre source d'affection et d'attention pour le Potam mais elle ne prendra pas ma place. Peut-être même, que grâce à son expérience, on apprendra à mieux gérer ses crises.

Petit mélange d'appréhension et de confiance.