Contrairement au titre, je ne vais pas rentrer dans le débat.

A la suite du post précédent, on m'a conseillé tour à tour d'arrêter l'allaitement et de persévérer.

Alors je tiens à préciser : je n'ai aucune idée préconçue sur l'allaitement ! Je ne veux pas entrer dans le débat, je ne suis ni pour, ni contre, quand on me dit que ce n'est pas grave d'arrêter ça ne me choque pas, ça ne me gêne pas, j'y pense, j'y réfléchis, je pèse le pour et le contre.

J'ai toujours eu envie d'allaiter. J'ai toujours su que j'allaiterais coûte que coûte. Ca a toujours fait partie de ma conception de la maternité et de ma féminité. Cela dit, c'est un sentiment très personnel et je comprends très bien celles qui ne souhaitent pas le faire, parfois même j'envie leur détachement par rapport à cette question.

J'aimerais me dire "je m'en fous, on essaie, on verra".
J'y arrive pas.
Je me suis mis dès le début une pression d'enfer.

D'un côté c'est bien, parce que ça m'a permis de tenir le coup malgré les difficultés et de voir que oui, l'allaitement, c'est bien. Quand ça se passe bien (heureusement ça arrive quand même), c'est sympa, agréable, pratique, toujours disponible et j'aurai des souvenirs magnifiques de certains moments.

Oui mais parfois ça me saoule.
Parfois je reconnais que les contraintes sont trop pénibles et j'envie celles qui ont décidé d'arrêter, un jour, en se disant que ce qui est fait est déjà bien. Et je suis d'accord avec ça.

Je le sais : 4 mois d'allaitement exclusif, c'est très bien. Je pourrais m'arrêter là. Et pourtant, quelque chose en moi le refuse. Je ne suis pas prête, j'ai envie et pas envie. Je suis tentée parfois de tout arrêter mais je me dis toujours "bientôt" ou "un jour", mais jamais "demain".
Bon d'un côté, ça veut aussi dire que mon allaitement ne me pèse pas tant que ça.

En vérité, je suis fière d'allaiter mais déçue que ça ne soit pas plus facile. J'imaginais des moments beaux, simples, évidents, naturels et j'ai découvert quelque chose de technique, compliqué, difficile, douloureux (et parfois beau et simple aussi, heureusement). Du coup, quelque part en moi, j'ai l'espoir que la deuxième partie de mon allaitement rattrapera la première qui a laissé des souvenirs douloureux, pour pouvoir "sauver" ma vision idéaliste. J'aime pas être déçue. J'aime pas l'admettre.

Parfois, un peu pour provoquer, quand ma mère ou ma soeur me disent "oh t'as de la chance, c'est tellement super d'allaiter !" je leur réponds froidement "c'est bon, vous faites chier avec vos allaitements parfaits, moi j'aime pas ça, c'est tout, j'ai le droit non ???". En fait c'est pas vrai. J'aime ça. Mais j'entrevois comme ç'aurait pu se passer si tout s'était bien déroulé et je suis dégoûtée.

Enfin on s'en fout. Ce qui est passé est passé, j'ai tenu 4 mois, et maintenant chaque jour est du "plus". Si j'en ai marre, j'arrête, et je crois que je pourrais le faire.
Par contre ce qui me saoule, c'est que j'aurais aimé pouvoir donner un bib de temps en temps pour voir, pour tester, pour ME tester et peut-être me laisser convaincre si ça pouvait rendre les choses plus faciles.

Si on me disait que bébé Tigrou serait moins énervé et qu'il irait mieux, je n'hésiterais pas une seconde. Je veux juste qu'il aille bien. Après quand je vois comme il aime ce contact, comme il se jette sur mes seins comme s'il était affamé toutes les deux heures (alors qu'il tient 12h la nuit et 6h l'après-midi !), je me dis qu'il y trouve largement son compte, sinon il prendrait le bib sans problème.

Alors j'ai décidé de ne pas me prendre la tête et de le laisser décider. Le jour où il sera prêt à boire un bib, il le fera et d'ici là, je ne le forcerai pas, mais je continuerai à le lui proposer (enfin LeTigre lui proposera) tous les jours, sans insister.
Je crois que moi, je suis archi prête qu'il prenne un bib par jour (de mon lait au début pour l'habituer, puis de lait artificiel). Quelque part, ça me soulagerait. Je me sentirais moins "prisonnière" de cet allaitement. Je saurais que je le continue par choix, et plus par obligation.
Parce que la seule façon de le "forcer" à prendre un bib, ce serait de ne plus lui donner le sein jusqu'à ce qu'il "craque", affamé... et je ne suis pas du tout prête à faire ça.

Mon petit, mon tout petit bébé, il a encore si besoin de câlins, je ne peux qu'attendre que ça vienne de lui.

C'est quand tu veux, mon petit bonhomme, je te laisse gérer, tu sais bien mieux que moi quand ce sera le bon moment de commencer à te sevrer et je te fais confiance pour savoir me le faire comprendre...

J'ai l'immense chance de pouvoir travailler à mi-temps et de pouvoir laisser à mon petitout faire les choses à son rythme sans le brusquer.
Il faut que j'en profite.