Il y a un an, le 9 janvier, j'étais chez les parents du Tigre, et je venais de passer deux jours à pleurer toutes les larmes de mon corps, sentant bien qu'IAC 3 était un échec.
Les premières traces marron se sont invitées ce 9 janvier, et en sortant des toilettes j'ai reçu un texto de mon amie qui m'annonçait la naissance de sa fille. Et pour une fois, cette fois-là, je n'ai même pas eu une pointe de jalousie, j'ai seulement été émue et heureuse. Une toute nouvelle petite fille venait de naître...

Les règles qui sont arrivées n'ont fait que confirmer ma certitude. Quand elles ont bien été là, je n'ai pas pleuré. J'avais déjà fait le deuil de cette IAC. Je ne le savais pas encore, mais ce 9 janvier resterait une date que je répéterais à chaque nouvel examen tous les mois jusqu'au 15 octobre ("le 1er jour de vos dernières règles, c'était quand ?").

Il y a un an, je faisais le bilan de 2010 et je me disais que ce n'était pas brillant côté essais bébé mais que j'avais quand même eu de bons moments avec mon Tigre. L'année 2010 avait vu commencer les stimulations simples au Clomid et les hyperstim qui allaient avec, puis les injections de Puregon, une IAC annulée en juillet pour cause de sur-stimulation (3 trop gros follicules), une IAC négative en septembre, une fausse-couche précoce début novembre suite à IAC 2, puis une fin d'année sous le signe de l'espoir avec une IAC 3 faite fin décembre...

Il y a un an, je n'en pouvais plus des échecs. J'avais envie de tout arrêter. Je ne savais plus trop si tout ça valait le coup, finalement. J'en avais marre de me prendre la tête. Marre de repérer mes ovulations et d'espérer à chaque cycle même naturel en comptant les DPO. Mon cerveau me disait STOP. Repos.
Il y a un an, j'avais pris RV avec une gynéco vraiment spécialisée en PMA à l'hôpital de Senlis car je ne faisais plus confiance à celui qui me suivait depuis un an. J'avais RV le 4 mars et je savais que rien ne serait possible avant cette date, je pensais qu'il y avait sûrement quelque chose qu'on n'avait pas vu qui expliquait les échecs.

Aussi, il y a un an, je me préparait à l'idée de ne jamais avoir d'enfant. Je voyais arriver l'échéance des 3 ans et j'avais peur qu'on fasse partie de ceux pour qui la PMA ne fonctionnerait jamais, sans aucune raison particulière (infertilité inexpliquée, qu'y disaient...)

Il y a un an, je voyais bien que je plongeais de plus en plus dans la dépression à chaque nouvel échec. Que les larmes n'étaient jamais bien loin malgré les moments heureux que je vivais. Que je devenais totalement aigrie et détestais toutes les femmes enceintes et toutes les mères de famille. Alors, j'ai pris RV chez une psy. Pour la première fois de ma vie, je suis allée parler, je suis allée chercher de l'aide à l'extérieur. Je sentais que j'avais besoin qu'on m'aide à reprendre pied dans ma vie.

 

Aujourd'hui, ce 9 janvier 2012, je fais le bilan de 2011 qui a été la plus belle année de ma vie, même si elle a débuté par un échec.
Je suis réveillée le matin par les petits gazouillis d'un petit garçon adorable qui occupe "la" chambre au-dessus du garage et qui se rendort contre moi jusqu'à 11h.
Chaque seconde j'ai en moi cette certitude, cet état de fait, ce bonheur : je suis maman.

Aujourd'hui, j'ai oublié la douleur, l'attente insupportable, le doute, les peurs. Elles sont quelque part dans mon cerveau, elles sont bien présentes et y resteront toute ma vie, mais c'est une petite case fermée qui ne prend pas trop de place.
Aujourd'hui, ma vie sans enfant me semble loin alors qu'il y a un peu moins de 3 mois, on était encore deux.

Aujourd'hui, je me réveille chaque jour avec le sourire.
J'aime chaque moment de ma nouvelle vie.
J'ai un petit bébé à m'occuper, qui me fait confiance, et qui me renvoit l'image de la mère que je suis devenue. Qui me donne confiance en moi. Qui me montre que je suis capable et qui me répète que oui, finalement, ce bonheur-là, j'y ai droit aussi...