Je reviens de WE frustrée...

On a passé un assez bon WE mais samedi il a fait très beau (soleil un peu voilé tout de même mais températures presque estivales) et on a vu tout le monde en profiter. Tout le monde dehors, à faire du jardinage, à prendre le soleil sur les bancs, plein de fleurs partout, mais pas nous.

Ben non, nous, on a passé 3h dans la bagnole, on a mangé chez ma belle-soeur (à l'intérieur) sans même un petit café dehors alors qu'il faisait 25°, puis on est allés chez mes beau-parents, re-thé à l'intérieur (mais les gens, y-z-ont pas envie d'être dehors ou bien ???) heureusement j'ai réussi à négocier une petite balade d'une demi-heure pour -enfin- prendre l'air mais j'étais dégoûtée, il était 18h30, le vent se levait, les nuages arrivaient.

Aujourd'hui, temps pourri. Pluie, vent, 15°.

Et on rentre chez nous à 19h40, LeTigre travaille à 20h, à peine le temps d'arriver il est reparti et j'ai fait du repassage.

Alors je suis frustrée de mon WE. Mes tulipes en ont profité pour s'ouvrir et j'ai raté ça.

Et puis mal à l'aise aussi, samedi avec ma belle-soeur. Vous savez, celle qui a 43 ans et qui n'a pas d'enfant. On était chez elle samedi midi. Elle sait que je suis enceinte, LeTigre lui a dit au téléphone. Elle n'en a pas dit un mot. Je la comprends, je ne lui en veux pas, je m'en veux seulement parce que je culpabilise d'être enceinte à côté d'elle. Je cherchais à cacher mon ventre qu'elle regardait à la dérobée. Je savais exactement ce qu'elle se disait, ce qu'elle ressentait, et on n'en a pas parlé, pas un mot.

Moi qui aime mettre des mots, crever les abscès, j'avais envie de lui dire que j'avais l'impression de l'avoir trahie. Que je savais qu'elle était triste et qu'elle n'était pas obligée de le cacher.

Pas une seule allusion à ma grossesse, à part cette phrase : "Tatafloute, nous on prend du vin à l'apéro, tu veux un jus de fruit ou un coca ?". Et moi, avec ma grossesse comme une tare, comme un vice, comme un bonheur qu'il faut cacher, c'était bizarre.

Quand on est remontés dans la voiture, on les a vus retourner chez eux, il lui a mis un bras autour des épaules et j'ai vu un couple soudé face à la douleur. Et j'ai eu envie de pleurer, parce que c'est trop injuste. Parce qu'ils auraient fait de merveilleux parents. Parce qu'ils n'en parlent jamais, parce que je ne sais pas s'ils essaient encore, parce que j'aimerais en parler mais qu'elle ne peut pas, je suis mal. Elle n'aura plus envie de nous voir. Jusque là on était les deux couples sans enfants, on faisait des parties de Wii jusqu'au milieu de la nuit, on se comprenait sans un mot, on s'entendait bien, et je l'ai "trahie".

Bien sûr, je ne suis pas responsable de sa douleur. Je dois vivre le bonheur qui m'est donné en en ayant deux fois plus conscience et sans culpabiliser.
Je ne suis pas responsable de leur douleur, mais samedi, j'ai été, avec mon ventre gonflé et mes gros seins, Celle qui lui rappelle ce qu'elle ne vivra peut-être jamais. Dur.
J'ai respecté son silence. Je n'y ai pas fait une seule allusion non plus. Comme s'il fallait qu'elle ne sache pas.

Un WE pas terrible, donc.