Ooooooooooohhhhhhhhhhh le GROS mot ! le fameux lâcher prise dont tout le monde parle et dont personne ne sait trop ce que ça veut dire, et surtout, comment on le trouve... le mot magique qui te fait tomber enceinte, paraît-il. Celui dont m'a rebâché les oreilles un ami sophrologue.
Et moi je me disais "fait chier çui là, il sait pas ce que je vis, c'est facile, de l'extérieur !".

Ben oui, mais je SAIS que les gens qui nous répètent ça, même si ça nous énerve, ils ont raison.

Je crois qu'au mois de janvier j'ai réussi pour la première fois en 2 ans et demi à lâcher prise. Peut-être même pour la première fois de ma vie. J'ai toujours voulu TOUT contrôler. J'ai appris à ne plus le faire. Attention, je ne dis pas que mon "miracle", ma grossesse (j'ai encore du mal à l'écrire ça me fait tout bizarre) est arrivé uniquement grâce à ça. Ce fut tout un ensemble de facteurs réunis. Parmi ces facteurs, 3 inséminations en 6 mois, 4 cycles de stim au puregon qui ont appris à mon corps à ovuler. Mais je ne peux pas croire qu'en 30 cycles, je n'ai pas eu au moins une ou deux bonnes ovulations en-dehors des stim.
Autre facteur : la psy. Trois ou quatre séances seulement, et une grande prise de conscience.
Alors je vais vous livrer ce que j'ai appris et que j'ai réussi à faire, une fois, une seule.

Les mots de ma psy qui m'ont vraiment aidée :
"il faut raccrocher à la réalité. Votre réalité, votre présent, il est là, en ce moment, et en ce moment, vous n'êtes pas enceinte. Il faut vivre votre présent et non dans le rêve de ce que vous aimeriez".
Ca paraît simple comme ça, évident. Mais ça ne l'est pas tant que ça. Quand on y réfléchit, quand on est en attente d'une grossesse qui ne vient pas, on ne vit plus que pour ça. Il n'y a plus rien d'autre. Il a fallu que je réapprenne à ouvrir les yeux sur mon présent. Ma vie, aujourd'hui. Mon couple. Mon boulot. Ma maison. Mes amis. Et non un désir, une envie.

"vous n'êtes pas un cycle, vous êtes une femme". Je me voyais comme un cycle. Quand on me demandait "comment ça va ?" je me disais en moi-même : "je sais pas, j'ai pas ovulé, merde, quand c'est mon ovulation ????" bref, je me voyais comme un cycle, un uterus. On n'est pas que ça. On est un être humain avec des sentiments, des désirs, des regrets, des joies, des bonheurs.

Et puis, elle m'a donné d'autres pistes pour occuper mon cerveau. Des pistes de progression sur des sujets qui n'ont pas directement à voir avec une éventuelle grossesse.

En gros, j'ai lâché prise. Vraiment.
J'ai appris (je ne sais pas si je saurais le refaire, mais maintenant je sais que j'en suis capable) à me dire que mon cerveau ne maîtrisait pas mon corps et ne devait pas le maîtriser. Ils fonctionnent ensemble, en même temps mais doivent être synchro. Quand l'esprit n'est plus synchro avec le corps, ça ne peut pas aller.
Je me répétais dès que j'y pensais "laisse faire ton corps, il sait tout seul ce qu'il a à faire. Tu ne maîtrises pas. Tu ne dois pas maîtriser. Tu ne peux pas maîtriser. Laisse-le tranquille".

C'est différent de ne pas y penser. C'est y penser sans essayer de maîtriser. Juste en spectateur et non en acteur. Laisser l'inconscient travailler tout seul et envoyer ses ordres aux organes sans y mêler le conscient. Se dire "j'espère que ça va arriver bientôt" et non "il FAUT que ça arrive bientôt". Et voir plus loin. Plus loin qu'un cycle, plus loin qu'un "échec", plus loin qu'un mois ou deux. Voir à long terme et se dire : "quel est le problème si ce bébé vient dans un an ???" bon je dis ça parce que mon âge me le permet, c'est vrai. Mais quand on peut, c'est un sacré luxe. Se dire "ce bébé, il viendra quand il voudra".

Un jour, j'ai dit à ma psy : "j'aimerais bien me dire pendant un moment que je ne veux plus d'enfant. Vraiment, oublier ce projet. Mais j'ai peur de le regretter dans 10 ans". Et là elle m'a répondu : "mais pourquoi 10 ans ? Vous avez 31 ans, vous pouvez très bien vous donner 2, 3 voire même 5 ans si vous voulez !" Et ça, ça m'a vraiment aidée. Je me suis dit "je ne veux pas attendre 5 ans" mais j'ai arrêté de me mettre la pression pour un mois ou deux, ou même six mois.

Et aujourd'hui, je suis enceinte.
Alors, bien sûr, tout peut s'arrêter n'importe quand. Je reste prudente. Prudente, mais sereine. Il est là, bien accroché, je ne l'ai même pas vu à l'écho mais je lui fais confiance. C'est dingue, totalement dingue ce qui m'arrive, mais il s'est accroché là où aucun autre s'était accroché en 2 ans et demi alors, c'est forcément un winner, un warrior qui tue !

Et au fait, aujourd'hui j'ai pas eu de nausées... bon sang ce que c'est bon de se sentir -presque- bien (j'ai encore des maux de tête).