Dans notre vie de couple, comme dans pas mal d'autres d'ailleurs, le sujet de la visite des belle-familles respectives est un sujet épineux. Source de tensions, parfois de conflit, de frustration ou d'énervement.

La famille du Tigre habite dans le Nord, ils sont 6 frères et soeurs et leur famille est très soudée autour des parents (et surtout de la Mamma, ne l'oublions pas, ce sont des italiens) qui sont à la retraite et ne sortent que très peu de chez eux. Ils habitent tous dans un rayon de 10 km, sauf une de ses soeurs à 40 km, et nous à 200. Donc, on se fait engueuler tout le temps dès qu'on y va, parce qu'on n'est pas venus plus tôt, et parce qu'on repart trop vite. C'est lourd, très lourd.

Ma famille est à Lyon. Je n'ai qu'une soeur qui a une petite puce de 5 ans et demi, et mes parents travaillent encore, partent en WE et en vacances à droite et à gauche. On est aussi très soudés, on s'appelle très souvent, mais on n'a pas besoin de se voir tout le temps. Parfois on est un peu frustrés, mais tout le monde comprend les impératifs des uns et des autres, et surtout chacun comprend qu'on a nos vies à faire, aussi.

A ce stade, vous avez saisi la difficulté. Rajoutons par là-dessus qu'on va dans le Nord en voiture, donc possibilité de partir quand on veut, au dernier moment, alors que pour Lyon on prend le TGV et qu'il faut réserver 3 mois à l'avance pour ne pas payer plus de 200 euros pour deux.

Le Tigre a 7 neveux et nièces, dont deux filleuls. Et chez eux, louper l'anniversaire d'un filleul, c'est une grave faute. Donc entre les fêtes de famille, les anniversaires, les soirées diverses, on y est environ toutes les 3/4 semaines, et c'est épuisant. Si on pouvait y être seulement pour une soirée, ce serait sympa, mais là, à chaque fois, c'est tout le WE.

Au début, on s'était dit qu'on ne s'obligeait pas à accompagner l'autre dans sa famille, et qu'on se laissait la liberté d'y aller quand on voulait sans imposer ça à l'autre. Oui mais voilà, c'est soit ça, soit rester toute seule tout le WE. Je l'ai fait, parfois, mais il le prend mal. Je crois que son problème, c'est ce qu'en pense sa famille. Bah oui, je suis différente d'eux, j'ai pas envie de les voir tout le temps, mais pour les autres c'est facile : ils viennent, on mange tous ensemble et chacun repart chez soi. Nous on vient un jour avant et on reste un jour après.
Ce soir, on y retourne, pour l'anniversaire surprise de sa maman. Là, je fais un effort, j'y vais, j'ai même préparé un dessert et un flan de légumes car le concept est sympa. Mais je me suis promis que c'était la dernière fois que je me "forçais", parce que moi, je suis frustrée de ma famille à moi et on n'a plus un WE de libre pour aller à Lyon, jusqu'à fin octobre. Et les rares WE qu'on a de libres, on a besoin d'être un peu chez nous aussi pour se reposer...

C'est pénible cette différence de perception de la famille, et cette pression qu'ils exercent sur nous. Je déteste cette façon de culpabiliser les gens, de ne pas comprendre que chacun a sa vie et qu'on ne pense pas à aller "chez belle-maman" dès qu'on a une demi-journée de libre. Une fois ou deux, on a eu le malheur de rester jusqu'au lundi compris car j'avais pris ma journée. Alors maintenant, quand on part le dimanche, elle nous fait un caca nerveux en me disant que je peux prendre une journée pour rester plus longtemps. Comme si on avait en tête de passer tous nos jours de congés chez elle.

Voilà, ça fait du bien de se lâcher. Le truc, c'est que quand j'en parle au Tigre en essayant de ne pas critiquer (il ne faut JAMAIS critiquer la famille de l'autre), il ne comprend qu'une seule chose et me repond toujours : "oui mais toi, tu es moins famille que moi". Entièrement faux. Cette phrase sonne comme si j'avais moins besoin d'eux, moins envie de les voir. C'est juste qu'on a moins l'occasion et que c'est une relation moins intrusive, ou chacun laisse de la liberté et de l'air aux autres. Ca ne m'empêche pas quand ça me prend, d'appeler ma soeur ou ma mère tous les trois jours et de rester deux heures au tel. Mais la différence, c'est que quand je n'appelle pas pendant trois semaines, personne ne me fait de critique.

Bon je vais essayer de me motiver pour ce soir et ce WE et la prochaine fois, je reste à la maison faire ma peinture ou me reposer. Et puis tiens, je vais prendre des billets pour Lyon pour le mois d'octobre (ou novembre, snif). Na.