La colère s'est tue, un peu.

J'ai repris le quotidien, et ça va mieux. La douleur est toujours là, mais elle crie moins fort...
Je crois que quelque part, je m'habitue à me définir comme une femme sans enfants. Je ne me sens pas moins femme pour autant. C'est un projet qui n'aboutit pas, c'est un manque, une frustration et un grand sentiment d'injustice, mais je n'en perds ni mon identité, ni ma dignité. Je n'ai pas d'enfant, et j'essaie de m'habituer à l'idée que je n'en aurai pas. C'est un peu prématuré je sais, mais je préfère avoir une bonne surprise un jour, et commencer doucement à accepter une idée qui fera son chemin petit à petit. J'espère arriver à me convaincre et à moins attendre de chaque cycle. A être prête à accepter que c'est la nature qui décide, et pas moi. En fait, je n'y arrive pas encore. Je lutte. Je me trouve nulle, incapable.

Parfois, je me vois comme une infirme. Y a des gens qui ont un bras en moins, d'autres qui sont aveugles, moi je n'arrive pas à faire de bébé. Bon ok, ça n'a aucun rapport, je le sais bien. Je suis ridicule. Mais vraiment, c'est ça que je ressens. Etre incapable de faire un truc si simple, ça m'énerve. Bien sûr, notre infertilité est une donnée qu'on ne peut pas changer et qui n'est pas de notre fait, alors ça n'a rien à voir. Mais mon inconscient a du mal à comprendre ça.

Je suis toujours en train de décrypter ce qui se passe dans mon bas-ventre. Mais je n'ai quand même pas de chance : je ressens toujours plein de choses entre l'ovu et les règles.
Ce mois-ci, j'ai eu très mal aux ovaires. Ce WE à Marseille, de grosses douleurs bien localisées dans l'ovaire gauche, surtout un soir où ça m'a même empêché de dormir tellement ça me lançait. Et le lendemain, le droit, mais en moins fort.
Et là, un peu mal dans le bas-ventre régulièrement dans la journée.
Mais je sais que les règles vont se pointer. Je crois que si ce n'était pas le cas, je le sentirais.

En fait je crains vraiment une nouvelle annulation de l'IAC. J'aimerais tellement pouvoir la faire. Même si ça ne marche pas du premier coup, au moins on pourra enfin avoir l'impression d'avancer. Je pourrais reprendre un peu d'espoir, et j'en ai bien besoin.

Sinon, j'en peux plus du temps. Je ne sais plus quoi mettre, j'ai froid en tee-shirt, chaud en pull, j'en ai marre de voir le ciel gris, marre de me demander si je vais avoir froid en sortant, et peur d'entamer l'automne sans avoir rechargé mes batteries cet été (si on peut appeler ça un été). Vous le croirez ou pas, mais ce WE à Marseille il a fait 35 et pas un brin d'air, on étouffait et ben, je me plaignais d'avoir trop chaud ! et ici en région parisienne, je donnerais beaucoup pour deux semaines de soleil et de chaleur... Jamais contente celle-là !