P1060329 Aujourd'hui, j'ai fait la connaissance d'un petit garçon de 5 mois, un petit Raphaël. Et par la même occasion, j'ai revu sa maman, ma copine Alex qui était dans le sud pour sa grossesse et qui est revenue pour 3 mois à Paris avant de redescendre définitivement (non je ne suis pas jalouse, quelle idée !).

Et contre toute attente, ça ne m'a fait ni pincement au coeur, ni tristesse, ni jalousie, ni aucun sentiment négatif. Même pas de l'envie, enfin juste de l'impatience mais c'est bizarre, pour la première fois j'ai eu l'impression que c'était tout proche.
Il faut dire qu'ils ont été adorables. Ils nous ont parlé tous les deux comme si on allait vivre ça tout bientôt, comme si j'étais enceinte. Et ça m'a permis de voir les choses différemment. Son mari a dit par exemple à mon Tigre : "je te conseille vraiment de suivre la préparation à l'accouchement". Et mon Tigre et moi, on a eu un sourire béat tout le long de cette conversation, comme si on réalisait soudainement que oui, ça pourrait nous arriver très bientôt. Pour une fois, avoir un bébé nous apparaissait comme un projet réalisable, proche et non comme une difficulté ou un parcours d'obstacle.

J'ai dit à Alex que c'était la première fois qu'un bébé venait chez nous. On a déjà eu des petits qui sont venus nous voir, mais jamais de bébé. La plus jeune, ça a été la petite Soline qui avait un an.
Voir un cosy dans notre salon et sur notre terrasse, à côté de nous pendant le repas, ça m'a fait tout drôle. Pour la première fois, je me suis projetée. Ils nous ont parlé comme à des futurs parents et ça m'a vraiment émue. J'ai failli riposter, leur dire comme je fais d'habitude "oui euh, enfin, on n'en est pas là", mais je n'ai rien dit. J'ai acquiescé. J'ai imaginé. Je me suis dit que c'était possible. J'en ai les larmes aux yeux.

Après leur départ, je suis montée, et j'ai regardé la chambre.
Cette chambre d'amis vide, celle où on mettra un berceau un jour. J'ai fermé la porte, je l'ai regardée  de l'extérieur et j'ai imaginé qu'il y avait un bébé qui dormait à l'intérieur. Ca m'a donné envie de pleurer.
De pleurer oui, mais pour une fois, pas de désespoir ou d'impatience. J'ai eu envie de pleurer de bonheur parce que ce projet, on le construit jour après jour. Dès aujourd'hui. Puis j'ai été à la salle de bain, et je me suis demandée si ce serait possible de donner le bain à un bébé dans notre grande baignoire. Je me suis dit qu'on se ferait mal au dos à être penchés au-dessus.
Et puis, je suis entrée dans notre chambre pour prendre un gilet, et j'ai vu notre fauteuil tout neuf. Un joli fauteuil d'une couleur douce. Je me suis dit qu'on le mettrait peut-être dans la chambre du bébé et que je m'installerai dedans pour l'allaiter la nuit. Je me suis assise et j'ai imaginé.

Et là, je pleure devant mon écran, parce que c'est la première fois que j'imagine un bébé dans notre maison. Et la première fois que je trouve qu'il y manque cet autre petit être. Jusque là, je m'étais interdit d'y penser, interdit d'imaginer, comme pour conjurer le sort. Pour que ça ne porte pas malheur.

Alors, merci, petit Raphaël. Avec tes sourires, tes bulles de bave et tes petits pieds nus, tu m'as apporté du rêve aujourd'hui. Tu as rendu tout possible.
Je suis prête.
Il y a une place, dans notre maison, pour notre bébé. Une place immense dans nos cœurs, et une place douillette dans mon ventre.
Tu peux venir. Je t'attends.