Je suis clouée dans mon canap' pour cause de mal de dos... bloquée dans le bas du dos, difficultés pour rester debout ou marcher, depuis deux jours.
Aujourd'hui ça va un peu mieux, mais les petites activités toutes bêtes du quotidien (ménage par exemple) sont un calvaire.
Obligée de me reposer.

Alors depuis hier, je passe des heures allongée, je lis, je dors, ça va cinq minutes mais c'est un peu pénible à la longue.
Ce WE, on devait faire un barbec samedi midi avec deux couples d'amis, et aujourd'hui le Tigre travaille et j'avais envie d'aller faire un tour en vélo, mais on a tout annulé, le barbec, le vélo, même le ménage. Je suis une loque.
Ca a commencé dans la nuit de jeudi à vendredi. Jeudi soir, je suis allée à la piscine, mais je n'ai eu aucune douleur, ça m'a plutôt fait du bien. Mais vendredi au réveil, grosse douleur, et des difficultés pour me tenir debout. Je suis quand même allée bosser mais chaque déplacement dans le service m'a valu les moqueries des collègues... ou des propositions de massage !!!

Vendredi soir on aurait dû aller faire les courses pour le barbec, j'ai appelé mes copines : pas possible... je suis rentrée, j'ai plongé dans un bain bien chaud pour détendre les muscles puis je me suis endormie sur le canap' pendant que le Tigre préparait à manger.... une loque, je vous dis...

Et tout ça.... à cause du sport !
J'ai repris des activités sportives depuis une semaine, mais je crois que j'y ai été un peu fort... D'abord, j'ai fait des balades d'une heure trente à VTT trois jours de suite, puis 2x un kilomètre à la nage mardi et jeudi. Curieusement, tout ça me procurait beaucoup de bien-être, mais la deuxième séance de natation fut celle de trop... j'ai dû trop en demander à mon corps d'un seul coup, j'aurais dû y aller plus progressivement. Le VTT en plus, je n'ai pas du tout l'habitude, et c'est sûr que pour le dos, c'est un peu fatigant, surtout dans les chemins caillouteux où ça vibre beaucoup.

Enfin, moi qui étais toute fière d'avoir repris le sport, qui pensais que ça allait m'aide à me sentir bien et à me détendre... ben c'est pas gagné...
Du coup ça me déprime un peu, un WE entier à ne rien pouvoir faire que rester allongée...

... alors je cogite, un peu.

Je n'arrête pas de me demander "pourquoi ?". Qu'est-ce qui cloche ? Si seulement on avait une explication médicale. Je n'arrête pas de vouloir trouver une cause, une explication, quelque chose de concret qui m'aide à accepter. Là, rien. On nous a dit que tout allait bien. Alors ??? qu'est-ce qui peut bloquer ? Mes ovulations mauvaises, ok, mais il ne peut pas n'y avoir que ça : le mois dernier on me l'a déclenchée, on a eu un rapport au bon moment et ça n'a pas suffit. Qu'est-ce qu'il faut de plus ?
Je n'arrête pas de penser au test de Hühner qu'on n'a jamais refait. Qui était négatif sans qu'on sache pourquoi, si ce n'est qu'il a été fait après l'ovulation. Zéro spermatozoïdes mobiles, alors que le spermogramme est bon. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ???
Parfois je me dis que peu importe... si c'est ma glaire qui est trop acide, l'IAC marchera. Et de toutes façons on va en faire une en septembre alors pourquoi me prendre la tête ? Peut-être que simplement, j'aimerais savoir si on a une chance d'y arriver tout seuls, ou s'il ne faut rien espérer...

Je déteste ne pas savoir, ne pas maîtriser. S'il n'y a aucun problème, pourquoi est-ce qu'on attend depuis deux ans ? Ca ne peut pas être simplement le manque de chance tous les mois, ou alors qu'on ne tombe pas au bon moment... je sais que presque à chaque cycle on a fait des câlins dans les bons jours. Parfois la veille, d'accord. Si ma glaire n'est pas au top pour ses spermato, il faut peut-être tomber tout pile, le jour J, pour que ça marche, pour qu'ils n'aient pas besoin de rester trop longtemps à attendre. Mais je suis sure que c'est déjà arrivé. Alors ????
Alors peut-être, que les fois où c'est arrivé, l'ovulation était mauvaise.
Peut-être que certaines fois, l'ovulation tombe pendant les jours où il travaille la nuit, moi le jour, où on se voit à peine et où on est totalement décalés... Peut-être qu'il y a quelques facteurs qui, mis ensemble, rendent la chose plus difficile. Peut-être suffit-il d'être patients... Mais j'en peux plus, d'être patiente. Depuis un an, je me dis "on s'en fout, on n'est pas à un mois ou trois mois près". Mais bon sang, ça fait deux ans. Je crois que je vis très mal cette échéance. Ces deux ans. Depuis le début, je m'accroche à l'idée qu'une grossesse arrive en moyenne en un an d'essais. Puis à celle que beaucoup doivent patienter deux ans. Ok. Alors voilà, on y est, et on fait maintenant partie de la toute petite minorité, celle qui n'y arrive pas au bout de deux ans, sans raison. Sans explication. Sur notre dossier, c'est écrit "infertilité inexpliquée". Je crois qu'il n'y a rien de pire pour mon cerveau que ce mot. Inexpliqué. On ne peut en vouloir à rien, à personne, on ne sait pas si c'est dans nos têtes, dans nos corps, on ne sait pas si ça va marcher un jour, on ne peut pas se projeter, on ne décore pas la chambre n°2 par superstition, on la laisse neutre, des fois qu'elle ne serve jamais de chambre d'enfant. On aimerait tellement pouvoir y mettre de jolies couleurs, un berceau, un grand fauteuil à bascule.
L'année prochaine, en août, on va peut-être aller en Corse avec mes beau-frères pour 15 jours dans une super villa à 4 couples. On fait comme si on ne voulait pas d'enfant, comme s'il n'y avait vraiment aucune chance qu'au mois d'août l'année prochaine, on ne puisse pas partir pour cause de bébé tout juste né ou de gros bidon.

On ne change pas de voiture non plus, on attend.
On voit nos neveux et nièces grandir et chaque fois, j'ai un pincement au coeur en me disant que tout le monde attend silencieusement que ce soit notre tour. Personne ne nous en parle, c'est devenu tabou.

Au bureau, je suis la prochaine sur la liste. Tout le monde le sait, personne n'en parle. Il y en a une qui est plus jeune que moi, elle a 27 ans, déjà deux petites filles, et les collègues l'ont chariée la dernière fois, en lui disant : "c'est quand, le troisième ?". Sa réponse a été, en me montrant du menton : "c'est quand elle en aura fait 4". J'ai souri, puis j'ai répondu "et ben, tu peux attendre....".
Maintenant, à chaque fois que je vois une fille de mon âge, en couple, qui n'est pas enceinte ou qui n'a pas d'enfant, je ne peux pas m'empêcher de me demander s'ils essaient, eux aussi. Il y en a pas mal autour de moi, et heureusement, comme ça j'échappe à pas mal de questions.


Il faut à tout prix, que je continue à faire confiance à mon corps. A le chouchouter et surtout, surtout, ne pas le détester. Ne pas le rendre responsable de toutes mes angoisses et souffrances.