Fatiguée.

Ces deux jours à Paris m'ont épuisée. Pourtant je dors bien la nuit, bon je me couche un peu tard mais pas tant que ça, mais les journées sont longues. La journée de travail en elle-même est courte (heureusement...) puisqu'on fait 10h-13h, 14h-16h30. Mais il y a 1h30 de trajet. Ma collègue passe me prendre à 5 minutes à pied de chez moi, on va en voiture à l'aéroport, on se gare au parking pour lequel elle a une carte, on prend une navette jusqu'au RER, le RER pendant 30 minutes, puis un autre RER, puis on marche, et enfin on arrive. Je pense à tous ceux qui font ça tous les jours et je leur dis : chapeau ! c'est épuisant. Surtout que pendant le trajet, on papote, il faut trouver des sujets de conversation, et même si on s'entend bien, c'est pas pareil que d'être seule avec la musique ou un livre... mais du coup, ça passe vite.

Les journées de travail sont fatigantes aussi. On réfléchit beaucoup, on discute, on n'est pas d'accord, on recommence mille fois les mêmes débats stériles et puis on décide finalement de ne rien changer... ou de tout supprimer ! Ca me crève !

Sinon, demain je vais faire ma pds pour l'HIV, Hépatite B et C et d'autres trucs bizarres, en vue de la constitution du dossier PMA. On a tous les deux reçu par la poste notre acte de naissance, il faut qu'on fasse une déclaration sur l'honneur de vie commune (j'espère que ça suffira...), et les photocopies de nos cartes d'identité.
Demain du coup, je suis obligée de me lever à 6h pour être à 7h30 au labo pour pouvoir être à 8h30 au RV avec ma collègue... ça va être serré, j'espère juste qu'il n'y aura pas d'attente au labo. Quelle horreur, 6h alors que je suis déjà crevée... je crois que je vais me coucher tôt ce soir...

Je ne réfléchis pas trop à tout ça. Je laisse les événements arriver, sans anticiper, sans faire de plans, on verra bien. Je ne m'imagine pas enceinte ces prochains mois. J'essaie d'accepter. Je ne pense plus trop à faire un bébé. Ca me paraît si loin, si intouchable, si abstrait. Je vis ma vie, je me mets en culotte sur mon transat en plein soleil en rentrant à 18h30, je profite et le reste, je ne maîtrise pas alors je n'y pense plus. 

Tout à l'heure j'ai eu ma soeur au téléphone. Elle m'a raconté son nouveau boulot, et puis je lui ai demandé où elle en était de ses examens, elle qui essaie aussi de faire un bébé. Elle m'a un peu raconté, et puis on a raccroché. Je n'ai pas parlé de moi. Elle ne m'a pas demandé comment je vais. Ni où j'en suis. Ni rien. RIEN. Je me sens si seule parfois avec tous les autres qui vivent leur vie en écoutant d'une oreille distraite les réponses que j'essaie de faire à leurs questions. Même ma soeur. Même mes parents qui ne me demandent aucune nouvelle. Du coup, moi non plus. Je les laisse venir. J'attends. Je ne sais pas comment leur raconter les derniers événements ni quand trouver l'occasion, mais j'ai quand même envie qu'ils me demandent comment je vais. Comment je vais VRAIMENT, et pas "ça va ? Ouais et toi ? ouais".

Mais je m'en fous, j'ai mes copines, mon blog, mon amoureux...

(et au fait, ce WE, on ne nous a rien demandé, et tant mieux...)