P1050417 Je me sens sereine, heureuse, j'ai repris le dessus. Avant il me fallait quelques heures après le débarquement, maintenant c'est deux ou trois jours, ça ne va pas du tout ça ! Bien sûr la blessure est là et ne se referme pas, mais j'arrive à ne plus y penser, ou plus trop, ou en tout cas plus avec cette boule dans la gorge. Juste avec tristesse mais aussi détermination. Détermination de vaincre, de surmonter la douleur et d'essayer de garder espoir.

Hier, j'ai demandé à mon Tigre : "tu crois qu'on peut aller mal et croire qu'on va bien, ou au contraire aller bien et croire qu'on va mal ?" Ok c'était pas super clair comme question, mais c'est étonnant ce que je ressens en ce moment : je rigole, je me sens bien, je respire la vie, le bonheur, je profite de chaque instant, et pourtant il y a toujours en trame de fond bien planquée, cette douleur sourde et cette peur. Ca ne me lâche pas. Alors, je ne sais pas si je vais bien ou non.
LeTigre, il m'a regardée un moment avec son air de mec rationnel qui se retrouve face à une psychopathe dégénérée qui lui parle chinois, il a mis une minute et puis il m'a répondu, doucement : "Je crois qu'il y a des hauts et des bas, et que selon les moments on va plus ou moins bien, mais une fois qu'on décide d'aller bien, on va vraiment bien".
Il est fort, LeTigre. C'est exactement ce que je pense. Bon, j'aurais préféré qu'il me dise simplement "Tu vas pas très bien en ce moment, mais c'est pas très grave non plus, on est deux, ça va aller" et qu'il me prenne dans ses bras. Il a été plus rationnel. Il a répondu à ma question.

Du coup je pense qu'il a raison : je décide que je vais bien et ça va suffire. Comme j'ai toujours fait. Le bonheur, il est là tout près, y a qu'à le regarder, et j'ai pas besoin d'un enfant pour être heureuse. On vit tous avec des blessures, j'en ai pas eu beaucoup jusque là, y aura celle-là, faut faire avec. Et un jour, peut-être, ça ne sera plus qu'un mauvais souvenir.


Bon pour remettre un bon coup les pieds dans l'plat, le menu pour les prochains mois, c'est le suivant :

Ce mois-ci, RIEN ! Repos pour mes ovaires, pour mon cerveau et pour mon thermomètre, je prends mes vitamines et mon bicarbonate, mais je ne calcule pas, je ne compte pas, j'essaie de ne pas zieuter mes glaires tous les jours et de ne pas faire de test d'ovu. Ce qui fait chier, c'est que je me connais tellement bien que malgré ça, je suis capable de la sentir arriver ou de la savoir passée, et de cogiter sur le moment des câlins. Pas bien. On verra. Ce mois-ci, je vais aussi aller chez l'ostéo vers J13 (au pif... elle m'a dit que l'idéal c'est quelques jours avant l'ovu, mais comme je ne saurai pas quand c'est, on va faire au plus juste : sans stim je n'ovule jamais avant J14 donc J13, c'est bien).
Je vais aussi prendre RV pour le prélèvement de la glaire. Mais je ne sais pas quand je dois le faire : avec ou sans clomid, et en période d'ovu ou non... Peut-être un ptit coup de fil à mon gynéco, qui va devenir mon meilleur ami ces prochains mois.


Le mois prochain, 2 comprimés de Clomid de J3 à J7 pour la stim, Estreva pour la glaire, écho de contrôle à J11, déclenchement d'ovu par injection de gonadotrophine, câlin programmé, duphaston. Ouahou.... avec tout ça, je sais pas à quoi vont ressembler mes ovaires.....

Le mois d'après, RIEN.
Et ensuite, on recommence clomid, estreva et le reste, une fois.

Si ça ne marche pas, on passe aux stim par piqures. Je ne sais pas ce que ça change, mais c'est le process, on fait dans l'ordre du moins contraignant qui marche le moins bien (câlin sous la couette) au plus contraignant qui marche le mieux (la FIV).

Mais franchement, je ne sais pas pourquoi, je n'y crois pas à la stim. Dans ma tête là maintenant, on est partis pour encore des mois de galère.
J'espère juste que tout ça ne va pas m'empêcher de profiter de tout le reste de ma vie et qu'on ne va pas faire de ce projet l'unique projet, l'unique préoccupation.
Pour l'instant j'ai mille choses à faire, du jardinage, du ménage (aujourd'hui j'ai brossé toute la terrasse au balai brosse pendant 2h30), de la déco, une cloison à monter, des panneaux coulissants à trouver, des voyages à faire, et je ne VEUX plus penser à mon absence de maternité !
Et mardi, je pars en Bretagne.