Un deuxième post aujourd'hui (une fois n'est pas coutume) car j'ai besoin d'écrire. C'est un journal intime ce blog, et j'ai besoin là, tout de suite, de vider mon sac. Comme l'indique le titre, je vois tout en noir. Je me suis engueulée avec LeTigre ce soir (c'est mon ptit chaton d'habitude, et là c'est simplement un gros méchant tigre). Je me sens nulle. Je suis inapte à l'amour, inapte à la vie à deux. J'ai envie de tout abandonner, de tout quitter, de partir seule au bout du monde et ne rien devoir à personne. Oublier tout, en commençant par moi-même, vivre pour et par les autres pour m'oublier et arrêter de me plaindre, ne plus avoir aucune attache, aucun lien avec la société, être libre du moindre mouvement, pouvoir décider à l'impulsion de ce que je veux.

Je n'en peux plus d'essayer d'avoir la même vie que tout le monde. Le couple, la maison, les enfants, c'est pas fait pour moi tout ça. Pas comme ça. Pas ici. J'ai pas envie. J'ai envie de dire merde à la société et à ses diktat, quitter le boulot, partir je sais pas où, tout recommencer, autrement. Toute seule. Ne jamais rien devoir à personne.

Et pourtant, je ne le ferai jamais. Je vais rester, assurer, être heureuse ou faire semblant (c'est pareil, suffit de se convaincre), avoir un bon boulot bien comme y faut, un homme qui ne fait jamais de folie, ultra raisonnable, qui gère les finances comme un bon père de famille, des enfants, peut-être, que j'emmènerai à l'école en courant parce que je suis en retard, pour qui je m'inquiéterai lorsqu'ils feront une allergie, bref, je vais faire comme tout le monde, et je serais bien bête de faire autrement.

En fait, je suis une grande rêveuse déçue. Je suis avec un homme adorable, qui s'occupe de moi, mais, toujours en quête d'absolu et de grandiose, je retombe sur terre tous les jours avec lourdeur, avec douleur. Je m'envole la nuit dans mes rêves, et toute la journée dans mes pensées, ayant hâte de retrouver mon homme et quand je rentre, je retombe sur terre. Pourtant il n'y a pas vraiment de problème, on s'entend bien, mais j'aimerais tellement qu'il m'emmène dans du rêve... qu'il me fasse décoller... mais non. Il a tellement les pieds sur terre. Il est tellement raisonnable. Du coup, parfois, je suis désagréable. Je fais des efforts, je sais qu'il n'y est pour rien, que tout ça c'est dans ma tête de psychopathe de l'extrême et que je ne peux pas lui en vouloir. Que l'homme que je veux, il n'existe pas. C'est celui de toutes les filles romantiques : un homme fort, sur de lui, qui me sert fort dans ses bras et me rassure, mais qui sait aussi m'emporter dans le rêve, m'apporter de l'imprévu, de la folie. Et ça, mon homme ne sait pas faire. Il a toute la première partie, c'est déjà ça.

Mais pourquoi est-ce que je doute comme ça tout le temps ? Depuis mon divorce, j'ai l'impression que je ne crois plus à l'amour. Que je reste avec lui parce qu'on s'entend bien et que je n'ai pas la force de continuer toute seule, et encore moins de trouver quelqu'un d'autre. C'est lui, ou personne. Mais parfois, j'ai tellement envie de continuer seule... parce que c'est trop dur, d'être déçue tout le temps, de se poser des questions tout le temps. Je ne ressens aucune joie ou aucune tristesse par rapport à mon couple. J'ai l'impression d'être dépourvue de sentiment. De ne plus pouvoir compter que sur moi-même. Je sais que je ne dois rien attendre de mon couple, en-dehors de la stabilité, de la complicité, de l'érotisme. Tout le reste, je ne le dois qu'à moi-même et si je veux du rêve, je dois me donner la possibilité d'en vivre. Réfléchir à d'autres choix professionnels, ou d'autres activités artistiques me permettant de rêver et de m'évader en-dehors de mon quotidien.
Ne plus me poser de questions, sinon, de peur, je vais tout plaquer.
M'efforcer de rester agréable et disponible avec mon homme parce que c'est la première chose qu'il attend de moi et je ne peux rien lui reprocher tant que je ne suis pas agréable moi-même. Arrêter de croire que tout m'est dû et que je dois tout attendre des autres et de la vie. Apporter le rêve et le bonheur aux autres en espérant en trouver un peu aussi sur le chemin.

Ce soir, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps dans la peinture, j'ai mangé n'importe quoi et maintenant j'ai mal au ventre. Je ne vous raconte même pas mon menu tellement j'ai honte. Je suis toute seule et LeTigre est parti travailler, en colère sans me parler. Je vais passer la nuit seule alors que je rêve de ses bras et de laisser couler mes larmes sur son torse musclé qui me rassure en savourant ses douces caresses sur mes cheveux. Mais je ne peux rien faire d'autre que lui envoyer un mail pour m'excuser en espérant que demain, il ait tout oublié. Je suis une handicapée de l'amour.