Quel gros mot ! En tout cas ça reflète bien ce que c'est : un truc vraiment pas sympa...

Dans l'idée, il s'agit de faire une radio de l'uterus et des trompes, puis d'injecter un produit opacifiant dans l'uterus après l'avoir gonflé pour suivre le trajet du liquide jusqu'aux trompes et s'assurer ainsi que rien n'obstrue le passage des ptits zozos. Oui mais voilà, ça c'est la théorie. Vu par celle qui est allongée sur une énorme machine toute froide, les fesses à l'air et les cuisses écartées devant un médecin qui farfouille dans ses entrailles pour essayer de faire entrer dans l'uterus une canule grosse comme le petit doigt, c'est autre chose....

Bon déjà, j'avais pris depuis deux jours un anxiolytique, et je comprends mieux ! Ca m'a shootée pendant deux jours, mais je dois bien avouer que sur le moment, je n'étais pas mécontente d'être au moins détendue. J'appréhendais, mais physiquement mon corps était plutôt calme, et heureusement car ç'aurait été encore pire.

L'infirmière m'avait pas mal préparée, elle m'avait bien expliqué comment ça allait se passer, elle était très douce et rassurante, mais à force de me rassurer et de me dire que si j'étais détendue, ça se passerait mieux, j'ai fini par me demander s'il ne fallait pas s'attendre à un truc de ouf. Mais heureusement, j'ai une grande confiance dans la médecine, et j'étais prête à souffrir un peu en le laissant faire ce qu'il avait à faire sans trop me poser de questions. Puis le médecin est arrivé, très gentil, mais là ils ont commencé tous les deux à essayer de faire de l'humour pour me détendre et ça m'a stressée encore plus, ça m'a rappelé Grey's Anatomy lorsqu'ils essaient de rassurer un gosse qui va mourir sur la table d'opération.
Bon ok, j'exagère un tout petit peu.

D'abord, il m'a nettoyé l'intérieur avec des compresses imbibées, c'était pas super agréable mais je me sentais encore assez bien, ça faisait un peu comme un frottis, pas de soucis, je gère. J'étais plutôt rassurée parce qu'il me disait "bon là c'est le plus désagréable", donc je me suis dit "ok ça va aller, même pas mal".
Ensuite il a commencé à sortir toute sorte de canules et de trucs affreux on se serait cru dans une salle d'opération "compresse", "canule", ils parlaient par mots j'avais envie de leur rappeler que j'étais là et pas du tout endormie !!!

Après, ça s'est corsé.
J'ai l'uterus retroversé, ce qui n'est pas vraiment un problème d'habitude, mais là pour le coup, ça lui a posé un sacré problème, au médecin. Il a commencé par dire :

"bon il est où votre col ???". 
- il est légèrement retroversé
- oui ben à ce stade, c'est plus légèrement, c'est complètement, on dirait"

Pour faire simple, en gros, mon col est orienté vers le haut au lieu d'être orienté vers le bas en direction du vagin. Du coup, l'angle était vraiment pas facile pour le médecin. Il devait faire ventouse avec la canule sur le col, pour que tout adhère bien pour pouvoir injecter le produit, mais à chaque fois qu'il aspirait, ça foirait.

J'ai bien cru qu'il n'y arriverait pas, il a essayé une troisième fois (à chaque fois il recommençait tout, avec une autre canule neuve) et miracle, ça a marché ! J'avais déjà eu bien mal, j'en pouvais déjà plus, la gentille infirmière me tenait la main en me disant que j'étais super et que je tenais super bien le coup.
Ensuite, il a injecté le produit, et ça m'a fait HYPER mal. Heureusement cette douleur ne dure qu'une minute, mais il recommence deux ou trois fois pour faire plusieurs clichés et c'est vraiment difficile à supporter, malgré les deux comprimés de spasfon qu'on m'avait donnés. Je serrais les dents "même pas mal" mais si, en fait, j'avais vraiment mal. Ca brûle dans l'uterus et jusqu'aux trompes, on sent pas vraiment où la douleur est localisée, c'est plutôt diffus mais ça donne l'impression d'un truc très acide qui brûle tout sur son passage. Le tout avec des tubes qui sortaient de mon entrejambe et un gros tube en plastique qui reste coincé là-dedans.

L'examen complet a duré une heure. Et une heure, c'est long ! j'ai pensé à l'accouchement en fait. Ca doit être complètement différent bien sûr, les douleurs ne sont sûrement pas du tout comparables mais les cuisses écartées dans une salle toute froide, les médecins autour de moi qui me tiennent la main et me rassurent, et puis cette impression bizarre que toute pudeur a disparu, que la seule chose qui compte c'est ce qui se passe à l'intérieur. Je me suis fait la réflexion qu'on devait avoir le même genre de ressenti à l'accouchement. Même après, quand ça a été fini, je suis restée un peu assise avant de me lever, les fesses à l'air, puis je suis allée aux toilettes, la porte ouverte (tout ce sang qui coule.... en plus de la douleur c'est un peu impressionnant quand même....), avec en tête une seule chose : si ça ne va pas, ils sont là. Ma nudité n'avait plus aucune importance, et c'est là que j'ai vraiment réalisé qu'il n'y avait QUE l'aspect médical qui comptait. Pour eux comme pour moi. Je ne me sentais plus du tout mal à l'aise, comme je le suis chez le gynéco quand je me déshabille, l'infirmière me tenait fermement pendant que, toujours à poil, je farfouillais dans mon sac pour trouver ma serviette hygiénique, et je ne réalisais même pas que j'étais toute nue des doigts de pied au nombril.

Enfin bref, après une petite demi-heure j'ai retrouvé des couleurs, j'ai eu très mal au ventre, comme des douleurs de règle très intenses, et puis ça s'est estompé petit à petit, en une heure je n'avais plus rien, plus que quelques saignements.

En allant aux toilettes juste après l'examen, j'ai vu un énorme caillot de sang. J'en ai parlé au médecin, et il m'a dit que ça pouvait être ça qui l'avait empêché d'entrer facilement, et que ça pouvait être le reste de quelque chose qui n'aurait pas été évacué lors d'un tout début de grossesse passé inaperçu.
Il m'a montré les clichés, et il a trouvé un petit truc juste à l'entrée de mon col. Il m'a dit que ça pouvait être un polype, ou alors une simple petite bulle d'air, mais qu'il voulait me refaire une écho pour essayer d'en savoir plus. Si c'est un polype, ce serait un bout d'endomètre qui se serait détaché et serait resté coincé, et ça agirait comme un stérilet !

Vous allez trouver ça dingue, mais j'ai presque envie que ce soit ça, ça serait une explication et il suffirait de l'enlever pour qu'enfin ça marche... enfin on verra bien, j'y retourne lundi pour l'écho et pour le compte-rendu détaillé de l'examen. J'ai hâte d'en savoir plus, j'espère juste que ce n'est pas le fibrome dont m'a parlé le gynéco, parce que le radiologue a fait une drôle de tête quand je lui ai dit que d'après mon gyneco, j'avais un fibrome mais qui se situait loin de l'uterus. Je crois qu'il veut vérifier par l'écho que ce soit bien le cas.

Sinon, mes trompes sont très perméables donc aucun souci de ce côté là !

Voilà, maintenant j'attends lundi avec impatience pour savoir ce que c'était que ce truc dans mon col, et puis on va faire plein de câlins ce mois-ci, je me dis que cet examen a sûrement au moins servi à nettoyer un peu la tuyauterie !!! qui sait, si ça se trouve ce gros caillot de sang bouchait l'entrée....